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Que vaut un CAP couvreur, de la formation à l’emploi ?

Vérifié le Sources : ONISEP (fiche CAP couvreur, données InserJeunes 2024) · France Compétences (RNCP 41834 et 35889) · service-public.gouv.fr · Légifrance (convention collective IDCC 1597, accords de salaires, Code de l’artisanat, Code des assurances) · Constructys

En bref — Le CAP couvreur se prépare en deux ans après la 3ᵉ, en lycée professionnel ou en apprentissage. Une nouvelle version s’applique aux parcours commencés depuis le 1ᵉʳ septembre 2026 (fiche RNCP 41834). Le diplôme classe au niveau II, coefficient 185, de la convention collective : au moins 1 899 € brut par mois pour 35 heures en Île-de-France en 2026. Mais six mois après la sortie, seuls 19 % (voie scolaire) à 30 % (apprentissage) des jeunes sont en emploi salarié : environ la moitié poursuivent une formation.

Le diplôme en bref

Combien de temps dure le CAP couvreur et comment y entrer ?

Deux ans après la 3ᵉ, en lycée professionnel ou en apprentissage. C’est un diplôme national de niveau 3, délivré par le ministère de l’Éducation nationale. Il peut se préparer en un an après un autre CAP, en trois ans après une Segpa ou une Ulis, et les adultes y accèdent aussi par la formation continue ou la VAE.

La fiche d’identité du diplôme, d’après l’ONISEP et France Compétences :

  • Nature : diplôme national de l’Éducation nationale, de niveau 3 — celui du CAP dans le cadre national des certifications.
  • Durée : 2 ans après la 3ᵉ ; 1 an après un autre CAP ; 3 ans après une Segpa ou une Ulis.
  • Voies d’accès : formation initiale sous statut scolaire, apprentissage, formation continue, contrat de professionnalisation, candidature individuelle, validation des acquis de l’expérience.
  • Stage : 14 semaines de période de formation en milieu professionnel pour les élèves qui ne sont pas en apprentissage.
  • Emploi visé : ouvrier professionnel du bâtiment, dans une équipe de deux à trois salariés d’une petite ou moyenne entreprise de couverture — construction neuve, réhabilitation ou chantiers chez des particuliers.

Ce qui change avec la version 2026

Le CAP couvreur a-t-il changé en 2026 ?

Oui : une nouvelle version, enregistrée au RNCP sous le numéro 41834, s’applique aux parcours commencés depuis le 1ᵉʳ septembre 2026. Elle remplace la précédente, la fiche RNCP 35889, avec une correspondance totale entre les deux. Son résumé mentionne explicitement le contexte de la transition énergétique.

Il réalise ou répare les toitures de tout type de bâtiment quelle que soit leur destination finale.
Activité du titulaire du CAP couvreur, section « Objectifs et contexte de la certification », fiche RNCP 41834 — France Compétences, consultée le 26 septembre 2026

La nouvelle fiche organise le diplôme en huit blocs de compétences. Trois sont professionnels :

  1. étude et préparation d’une intervention ;
  2. réalisation et contrôle d’un ouvrage courant ;
  3. réalisation de travaux spécifiques.

Les cinq autres correspondent aux enseignements généraux : français, histoire-géographie et enseignement moral et civique ; mathématiques et physique-chimie ; éducation physique et sportive ; prévention-santé-environnement ; langue vivante étrangère.

Le calendrier de la fiche : début des parcours au 1ᵉʳ septembre 2026, enregistrement jusqu’au 31 août 2029, dernière délivrance possible le 31 août 2031. L’ancienne fiche était enregistrée jusqu’au 31 août 2026. Si vous avez commencé votre CAP avant la rentrée 2026, demandez à votre établissement ou à votre CFA au titre de quelle version vous passerez l’examen : c’est lui qui le sait, pas un site d’information.

Ce qu’on apprend

Qu’apprend-on en CAP couvreur ?

À préparer et poser les matériaux de couverture — ardoises, tuiles, tôles —, à installer gouttières et lucarnes et à contrôler l’étanchéité, mais aussi à calculer une surface de toiture et des quantités de matériaux, à lire un plan et à travailler en sécurité. Les enseignements généraux occupent environ la moitié de l’emploi du temps.

Selon l’ONISEP, les enseignements technologiques et professionnels représentent un peu plus de la moitié de l’emploi du temps. Ils se rangent en trois familles.

  • Le monde professionnel. Les acteurs et les étapes d’un projet de construction, la maquette numérique et la démarche collaborative BIM, les enjeux énergétiques et environnementaux, la gestion des déchets de chantier, la lecture et la réalisation de plans en deux et trois dimensions, le relevé et la quantification d’un ouvrage.
  • La prévention des risques. Les risques du métier — chute, électricité, produits chimiques —, les équipements de protection, l’utilisation des échafaudages, les interventions à proximité des réseaux, le rôle du sauveteur secouriste du travail.
  • La technique de couverture. Les tracés professionnels sur l’ardoise ou le zinc et ceux des points singuliers — égout, noue, rives —, la mise en œuvre des matériaux et leurs fixations, la ventilation des combles et de la sous-toiture, les scellements, le recueil et l’évacuation des eaux pluviales, la pose de membranes.

Les enseignements généraux — français, histoire-géographie, enseignement moral et civique, mathématiques, physique-chimie, éducation physique et sportive, prévention-santé-environnement, langue vivante — couvrent environ l’autre moitié. Deux enseignements facultatifs peuvent s’y ajouter.

En lycée ou en apprentissage

Faut-il préparer le CAP couvreur en lycée ou en apprentissage ?

Le diplôme est le même, les conditions non. L’apprenti est salarié et payé — au moins 40 % du SMIC la première année avant 18 ans dans le bâtiment — et passe au moins 25 % de son contrat en CFA ; le lycéen fait 14 semaines de stage. Six mois après, 30 % des apprentis sont en emploi salarié, contre 19 % des lycéens.

Le choix ne se résume pas à « payé ou pas payé ». Ce qu’il engage :

  • Un employeur. En apprentissage, le CAP se prépare sous contrat avec une entreprise, de 6 mois à 3 ans. Le rythme varie selon les formations : par exemple deux jours au CFA et trois en entreprise, ou un mois sur deux.
  • La suite du parcours. Selon l’ONISEP, le brevet professionnel se prépare après un CAP obtenu en apprentissage ; après la voie scolaire, la poursuite citée est le bac professionnel.
  • Le premier poste. La convention collective raccourcit de 9 à 6 mois la période au terme de laquelle le classement du jeune diplômé est confirmé ou relevé, quand il a déjà une expérience d’entreprise, notamment par l’apprentissage (art. 12.41).

Ce que l’on gagne, pendant et après

Combien gagne-t-on pendant et après le CAP couvreur ?

Pendant un CAP en apprentissage dans le bâtiment, de 746,81 € à 1 213,56 € brut par mois jusqu’à 25 ans, selon l’âge et l’année, et le SMIC à partir de 26 ans. Après le diplôme, le coefficient 185 garantit en 2026 au moins 1 899 € brut par mois pour 35 heures en Île-de-France et 1 909 € en Auvergne-Rhône-Alpes.

Âge de l’apprenti1ʳᵉ année2ᵉ année
Moins de 18 ans40 % du SMIC — 746,81 €50 % — 933,51 €
18 à 20 ans50 % — 933,51 €60 % — 1 120,21 €
21 à 25 ans55 % — 1 026,86 €65 % — 1 213,56 €
26 ans et plus100 % — 1 867,02 €100 % — 1 867,02 €

Minima bruts mensuels dans le bâtiment, calculés par nos soins sur le SMIC du 1ᵉʳ juin 2026 (1 867,02 € pour 35 heures). À partir de 21 ans, le pourcentage s’applique au minimum conventionnel de l’emploi occupé s’il est plus favorable que le SMIC. Source : accord du 8 février 2005 relatif au statut de l’apprenti dans le BTP, grille reproduite par Constructys (guide de mai 2025).

Ces taux dépassent le minimum légal du Code du travail — 27 % du SMIC seulement pour un apprenti de 16 ans en première année. Le net, lui, dépend des cotisations applicables et n’est pas calculé ici.

Un avertissement, pour ne pas surestimer le diplôme au premier jour : depuis la hausse du SMIC au 1ᵉʳ juin 2026, le coefficient 185 ne dépasse le SMIC que de 31,98 € brut par mois en Île-de-France et de 41,98 € en Auvergne-Rhône-Alpes. L’écart se creuse ensuite, avec les coefficients supérieurs.

Et après le CAP ?

Que deviennent les titulaires du CAP couvreur ?

Environ la moitié poursuit une formation. Six mois après, 48 % des sortants de la voie scolaire et 53 % des apprentis sont en formation, et 19 % et 30 % en emploi salarié (ONISEP, InserJeunes 2024). L’ONISEP cite trois poursuites : le CS zingueur en un an, le BP couvreur ou le bac pro option couverture en deux ans.

30 % des apprentis sortis du CAP couvreur sont en emploi salarié six mois après la fin de leur formation ; 53 % poursuivent une formation ONISEP, fiche « CAP couvreur », données issues du dispositif InserJeunes 2024, consultée le 26 septembre 2026

La catégorie « en formation » regroupe les poursuites d’études, les redoublements et les changements de filière ; « en emploi » ne compte que l’emploi salarié. Un jeune installé à son compte ou parti à l’étranger n’y figure donc pas.

Trois poursuites sont citées par l’ONISEP : le certificat de spécialisation zingueur, en un an, qui ajoute le travail du métal et des eaux pluviales ; le brevet professionnel couvreur, de niveau 4, en deux ans, qui classe au coefficient 210 ; le bac professionnel interventions sur le patrimoine bâti, option couverture, en deux ans après le CAP.

Dans l’emploi, le titulaire du CAP peut évoluer vers les fonctions de chef d’équipe, de chef de chantier ou de chef d’entreprise, selon l’ONISEP. Pour s’installer, le CAP constitue justement la qualification exigée par le Code de l’artisanat pour la construction, l’entretien et la réparation des bâtiments (art. R121-1). Il faudra aussi une assurance de responsabilité décennale : toute personne dont cette responsabilité peut être engagée doit être assurée, et pouvoir le justifier à l’ouverture de chaque chantier (Code des assurances, art. L241-1).

Questions fréquentes

Peut-on faire un CAP couvreur en un an ?

Oui, pour les candidats qui ont déjà un autre CAP : l’ONISEP indique une durée d’un an dans ce cas, contre deux ans après la 3ᵉ.

Peut-on passer le CAP couvreur à l’âge adulte ?

Oui. La fiche RNCP du diplôme mentionne la formation continue, le contrat de professionnalisation, la candidature individuelle et la VAE. L’apprentissage, lui, est ouvert jusqu’à 29 ans révolus, sauf exceptions comme un projet de création ou de reprise d’entreprise.

Y a-t-il un stage en CAP couvreur ?

En voie scolaire, oui : 14 semaines de période de formation en milieu professionnel. En apprentissage, l’essentiel du temps se passe en entreprise, la formation en CFA devant représenter au moins 25 % de la durée du contrat.

Quel salaire avec un CAP couvreur ?

Le CAP classe au coefficient 185 : en 2026, au moins 1 899 € brut par mois pour 35 heures en Île-de-France et 1 909 € en Auvergne-Rhône-Alpes. Les minima sont fixés par région.

Le CAP couvreur permet-il de s’installer à son compte ?

Oui : c’est l’une des qualifications exigées par le Code de l’artisanat pour la construction, l’entretien et la réparation des bâtiments. Il faut aussi souscrire une assurance de responsabilité décennale, obligatoire et à justifier à l’ouverture de chaque chantier.

Sources

  • ONISEP — fiche formation « CAP couvreur » (durée, accès, programme, stage, débouchés, données InserJeunes 2024), consultée le 26 septembre 2026 : onisep.fr
  • France Compétences — RNCP 41834, CAP Couvreur (blocs de compétences, voies d’accès, dates) : francecompetences.fr — RNCP 35889, version précédente : francecompetences.fr
  • Service-public.gouv.fr — « Contrat d’apprentissage », vérifié le 8 septembre 2026
  • Constructys — Guide Rémunération des apprentis, mai 2025 (accord du 8 février 2005 relatif au statut de l’apprenti dans le BTP) : constructys.fr (PDF)
  • Arrêté du 22 mai 2026 relatif au relèvement du SMIC, JORF n° 0121 du 24 mai 2026 : Légifrance
  • Convention collective nationale des ouvriers du bâtiment (IDCC 1597), art. 12.41 — Légifrance : legifrance.gouv.fr
  • Accords régionaux de salaires 2026 — Île-de-France, 5 novembre 2025 : Légifrance · Auvergne-Rhône-Alpes, 14 janvier 2026 : Légifrance
  • Code de l’artisanat, art. R121-1 à R121-5 — Légifrance : legifrance.gouv.fr
  • Code des assurances, art. L241-1 — Légifrance : legifrance.gouv.fr
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