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Métier de couvreur : ce qu’on y fait et comment on y entre

Vérifié le Sources : ONISEP · France Travail (enquête BMO 2024 à 2026) · INRS · Légifrance (convention collective des ouvriers du bâtiment, Code du travail, Code de l’artisanat) · France Compétences

En bref — Le couvreur construit, répare et entretient les toitures. Il pose tuiles, ardoises ou métal, et rend le bâtiment étanche. C’est un métier dehors, en hauteur et par tous les temps, dans un domaine où les chutes de hauteur sont, selon l’INRS, la deuxième cause de décès au travail. La demande est réelle mais recule : 9 070 projets de recrutement de couvreurs en 2026, contre 13 870 en 2024, selon France Travail. On y entre le plus souvent par un CAP, préparé en deux ans après la 3ᵉ.

Ce que fait un couvreur, concrètement

Que fait un couvreur ?

Il construit, répare et entretient les toitures pour mettre le bâtiment à l’abri des intempéries. Il pose les matériaux de couverture — tuiles, ardoises, zinc, tôle —, installe gouttières et chéneaux, et traite l’étanchéité autour des cheminées et des lucarnes. Une bonne part du travail consiste aussi à réparer après une tempête ou une infiltration.

La fiche métier de l’ONISEP décrit un chantier de couverture comme une suite d’étapes, toujours dans le même ordre : on sécurise, on prépare le support, on pose, puis on traite l’eau.

  1. Sécuriser le chantier. Monter les échafaudages et installer les dispositifs de sécurité avant de monter sur le toit.
  2. Préparer le support. Fixer sur la charpente les liteaux, ces lattes de bois qui portent la couverture, et préparer les mortiers des raccords et des scellements.
  3. Poser les matériaux. Tuiles, ardoises, zinc, tôle, cuivre ou plomb : chaque matériau a sa technique de pose et son outillage, et doit être ajusté au millimètre pour que le toit reste étanche.
  4. Évacuer l’eau et finir. Chéneaux, gouttières, lucarnes, raccords de cheminée — et, selon les chantiers, l’isolation thermique de la toiture.

Le couvreur ne construit pas la charpente : il travaille dessus. La charpente est l’ouvrage du charpentier ; le couvreur y fixe le support de la couverture, puis la couverture elle-même.

L’autre moitié du métier, c’est la réparation et l’entretien. Des tuiles arrachées par un coup de vent, une infiltration qui tache un plafond, un chaume à remplacer : c’est le couvreur qu’on appelle. Certaines interventions relèvent de la restauration, notamment sur les édifices classés monuments historiques, où l’on attend une connaissance fine des techniques anciennes.

Ce qui est dur dans ce métier

Quelles sont les contraintes du métier de couvreur ?

Le travail en hauteur, dehors, par tous les temps, souvent à genoux et dans des positions inconfortables. Harnais, casque et chaussures de sécurité sont de rigueur, et l’on se déplace de chantier en chantier. Ce sont ces contraintes, plus que la technique, qu’il faut regarder en face avant de s’engager.

2ᵉ cause de décès au travail : les chutes de hauteur, à l’origine de plus de 10 % des accidents du travail en 2019, tous secteurs confondus INRS, « Risques liés aux chutes de hauteur — Accidents de travail », page mise à jour le 21 avril 2023, consultée le 26 septembre 2026

Ces chiffres couvrent tous les métiers, pas les seuls couvreurs : nous n’avons retenu aucune statistique d’accident propre à la profession. Ils disent pourtant l’essentiel. Sur un toit, la sécurité n’est pas une formalité administrative, c’est une compétence du métier, enseignée dès le CAP : prévention des chutes, usage des échafaudages, interventions à proximité des réseaux électriques.

Le deuxième maître du calendrier, c’est la météo. Quand la pluie, le gel ou le vent rendent le travail dangereux ou impossible, le chantier s’arrête. Le bâtiment a pour cela un régime particulier :

Chômage intempéries
Le régime du BTP qui indemnise les heures perdues à partir de la deuxième, dans la limite des trois quarts du salaire, pour les salariés qui ont travaillé au moins 200 heures dans le BTP au cours des deux mois précédents (Code du travail, art. D5424-11 à D5424-13).

Enfin, le corps. L’ONISEP cite l’habileté, la prudence, l’endurance et le sens de l’équilibre comme aptitudes attendues. Le travail se fait le plus souvent en équipe, sous l’autorité d’un chef de chantier, et chacun y est responsable de la sécurité de l’espace commun.

L’emploi en 2026 : forte tension, volume en baisse

Les couvreurs trouvent-ils facilement du travail ?

Les employeurs peinent à recruter, mais ils prévoient moins d’embauches qu’avant. En 2026, France Travail recense 9 070 projets de recrutement de couvreurs, dont 79,6 % jugés difficiles par les employeurs ; ils étaient 13 870 en 2024. La tension reste forte, mais le volume a baissé d’environ un tiers en deux ans.

AnnéeProjets de recrutementJugés difficilesSaisonniers
202413 87085,3 %6,2 %
202511 32082,4 %4,4 %
20269 07079,6 %4,4 %

Source : France Travail, enquête Besoins en main-d’œuvre (BMO), métier « Couvreurs », France entière, relevé le 26 septembre 2026. Résultats arrondis à la dizaine par France Travail.

Comment lire ce tableau. L’enquête BMO recense les intentions de recrutement déclarées par les employeurs, pas les embauches réalisées. Deux faits en ressortent, et le premier est le moins agréable : le nombre de projets recule nettement, d’environ 35 % entre 2024 et 2026. L’enquête ne dit pas pourquoi, et nous ne l’expliquerons pas à sa place. Le second : quatre projets sur cinq restent jugés difficiles à pourvoir. Un candidat formé reste donc rare.

Ces emplois sont dispersés sur tout le territoire. En 2026, le premier bassin d’emploi, Bordeaux, compte 180 projets, soit moins de 2 % du total national. Selon l’ONISEP, 80 % des couvreurs travaillent dans des entreprises artisanales de couverture, de charpente ou de plomberie ; les entreprises de restauration et de monuments historiques recherchent les techniques traditionnelles, les grandes entreprises du bâtiment des techniques plus récentes.

Une carrière en quatre niveaux

Comment évolue la carrière d’un couvreur salarié ?

Selon une grille nationale à quatre niveaux, du coefficient 150 au coefficient 270. La convention collective des ouvriers du bâtiment classe le titulaire d’un CAP au niveau II et celui d’un BP au niveau III ; le niveau IV correspond à la haute technicité ou à la conduite d’équipe. Les salaires minimaux attachés à chaque coefficient, eux, sont fixés région par région.

NiveauIntituléCoefficientsCe qui le caractérise
IOuvriers d’exécution150 · 170Travaux simples ; niveau d’accueil des ouvriers sans formation
IIOuvriers professionnels185Travaux courants ; diplôme professionnel de base (CAP) ou expérience équivalente
IIICompagnons professionnels210 · 230Travaux du métier, puis travaux délicats ; autonomie, tutorat des apprentis
IVMaîtres ouvriers ou chefs d’équipe250 · 270Haute technicité, ou conduite habituelle d’une équipe

Source : convention collective nationale des ouvriers du bâtiment du 8 octobre 1990 (IDCC 1597), art. 12.3 et 12.4, et son guide d’utilisation de la classification ; intitulés repris des accords régionaux de salaires 2025-2026. Légifrance, consulté le 26 septembre 2026.

La grille dit aussi comment on la gravit. L’employeur doit examiner les possibilités d’évolution de chaque ouvrier au plus tard deux ans après son entrée dans l’entreprise, puis tous les deux ans. Un ouvrier qui exécute de façon habituelle des tâches d’un niveau supérieur doit être reclassé. Au sommet de la grille, la convention prévoit d’examiner régulièrement l’évolution des ouvriers de niveau IV vers la classification des ETAM — employés, techniciens et agents de maîtrise. L’ONISEP cite trois débouchés : chef d’équipe, chef de chantier, chef d’entreprise.

Côté salaire, un repère suffit ici. En Île-de-France, le minimum conventionnel 2026 va de 1 843 € (coefficient 150) à 2 510 € (coefficient 270) brut par mois pour 35 heures. Mais depuis le 1ᵉʳ juin 2026, le SMIC, à 1 867,02 € brut, dépasse les deux premiers échelons : c’est lui qui s’applique.

Tuile, ardoise, zinc, lauze : les spécialités

Existe-t-il des spécialités dans le métier de couvreur ?

Oui : l’ONISEP distingue notamment le couvreur-zingueur, l’ardoisier, le tuilier, le lauzier et le couvreur photovoltaïque. Le matériau dépend souvent de la région — lauze en montagne, tuile canal dans le Sud, ardoise dans le Nord et l’Ouest, zinc à Paris. On peut se spécialiser dans un matériau ou en combiner plusieurs.

Le métier se décline selon le matériau et selon le chantier :

  • Le couvreur-zingueur façonne et pose le métal : zinc, cuivre, aluminium, acier. Il réalise aussi, en métal, les ouvrages d’évacuation des eaux pluviales : gouttières et chéneaux.
  • L’ardoisier, le tuilier, le lauzier sont spécialistes d’un matériau et de ses techniques de pose, souvent liées à une tradition régionale.
  • Le couvreur en restauration intervient sur le patrimoine, y compris les monuments historiques, où la reproduction des techniques anciennes compte autant que l’étanchéité.
  • Le couvreur photovoltaïque pose des panneaux solaires en toiture : selon l’ONISEP, une compétence nouvelle, qui couvre l’installation, l’entretien et la réparation.

La transition énergétique pèse sur tout le métier. Le toit étant l’un des points faibles de l’isolation, la couverture est, pour l’ONISEP, « concernée au premier chef » par les travaux de rénovation énergétique. La même source indique que les couvreurs spécialisés en étanchéité et en panneaux photovoltaïques ou solaires sont très demandés.

Dernier levier, souvent sous-estimé : la double compétence. L’ONISEP note que certaines entreprises associent couverture et plomberie. La convention collective la récompense : un ouvrier de niveau III ou IV titulaire de deux diplômes du bâtiment de spécialités différentes ou connexes — ou de connaissances équivalentes acquises par l’expérience —, et qui les met en œuvre habituellement, a droit à au moins 110 % du salaire conventionnel de son coefficient (art. 12.5).

Comment on entre dans le métier

Faut-il un diplôme pour devenir couvreur ?

Pas pour être embauché comme ouvrier, mais il décide du classement et devient obligatoire pour s’installer à son compte. Le CAP couvreur se prépare en deux ans après la 3ᵉ ; les adultes passent souvent par le titre professionnel couvreur-zingueur, et l’expérience acquise peut être validée par une VAE.

Trois portes existent, selon l’âge et le parcours :

  1. Le CAP couvreur, diplôme de l’Éducation nationale de niveau 3, en deux ans après la 3ᵉ, en lycée professionnel ou en apprentissage. Une nouvelle version s’applique aux parcours commencés depuis le 1ᵉʳ septembre 2026 (fiche RNCP 41834). On peut ensuite se spécialiser en un an avec le certificat de spécialisation (CS) zingueur, ou viser le niveau 4 avec le brevet professionnel (BP) couvreur, en deux ans. Le bac professionnel interventions sur le patrimoine bâti, option couverture, se prépare en trois ans après la 3ᵉ.
  2. Le titre professionnel couvreur-zingueur, délivré par le ministère du Travail, de niveau 3 (fiche RNCP 36101, enregistrée jusqu’au 6 mars 2027). Il est accessible notamment en formation continue, en reconversion et par la VAE.
  3. La validation des acquis de l’expérience (VAE), ouverte pour le CAP comme pour le titre professionnel. Depuis la réforme du dispositif, il n’est plus nécessaire de justifier d’au moins un an d’expérience en rapport avec la certification visée (service-public.gouv.fr).

Pour un salarié, en revanche, aucun diplôme n’est exigé à l’embauche : la convention collective prévoit un niveau d’accueil pour les ouvriers sans formation. Mais le diplôme fait la différence dès le premier jour, parce qu’il fixe le coefficient de départ.

Questions fréquentes

Couvreur, est-ce un métier dangereux ?

Le risque est réel, et l’ONISEP le dit sans détour. Selon l’INRS, les chutes de hauteur sont la deuxième cause de décès au travail, tous secteurs confondus. C’est pourquoi le harnais, le casque et les chaussures de sécurité sont de rigueur, et pourquoi la prévention des risques fait partie du programme du CAP.

Que fait un couvreur quand il pleut ?

Quand la météo rend le travail dangereux ou impossible, le chantier s’arrête. Le salarié reste à la disposition de son entreprise et relève du chômage intempéries : les heures perdues sont indemnisées à partir de la deuxième, dans la limite des trois quarts du salaire, s’il a travaillé au moins 200 heures dans le BTP au cours des deux mois précédents.

Quelle différence entre un couvreur et un charpentier ?

Le charpentier construit la structure du toit, la charpente. Le couvreur travaille dessus : il y fixe les liteaux qui portent la couverture, pose les tuiles, les ardoises ou le métal, et assure l’étanchéité. Certaines entreprises exercent les deux métiers.

Combien gagne un couvreur ?

Il n’existe pas de grille nationale : les minima sont fixés par région et par coefficient. En Île-de-France en 2026, le minimum va de 1 843 € à 2 510 € brut par mois pour 35 heures selon le coefficient, avec le SMIC — 1 867,02 € brut depuis le 1ᵉʳ juin 2026 — comme plancher.

Peut-on devenir couvreur après 30 ans ?

Oui. Le contrat d’apprentissage est ouvert jusqu’à 29 ans révolus, sauf exceptions comme un projet de création ou de reprise d’entreprise ou une reconnaissance de travailleur handicapé. Au-delà, le titre professionnel couvreur-zingueur se prépare en formation continue, et la VAE permet de faire reconnaître une expérience déjà acquise.

Sources

Cette page décrit le métier et ses règles à la date indiquée ; elle ne remplace pas le conseil d’un CFA, de France Travail ou d’un conseiller en orientation. Les montants et les textes évoluent : vérifiez-les avant de vous engager. Dernière vérification :

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