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Réparation de toiture

Une tuile, un faîtage, un solin, une noue, une gouttière : une réparation porte sur un point précis, et c’est un terrain où la loi est précise.

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En bref — Une réparation de toiture porte sur un point précis : une tuile, un faîtage, un solin, une noue, une gouttière. C’est un terrain où la loi est précise : avant de monter, le couvreur doit vous donner son taux horaire TTC, ses frais de déplacement et un devis détaillé. C’est aussi le terrain du démarchage : une réparation proposée à votre porte ne se paie pas avant sept jours. Enfin, une petite réparation n’est pas toujours couverte par la garantie décennale — la Cour de cassation l’a jugé.

Vérifié le Sources : arrêté du 24 janvier 2017 · Code de la consommation · Cour de cassation · DGCCRF · INRS (détail en bas de page)

Ce qui se répare, point par point

Sur un élément ou sur un raccord : tuiles ou ardoises cassées ou glissées, faîtage, solins le long d’une cheminée ou d’un mur, noues, rives, gouttières. Ce sont des interventions localisées. Une bonne réparation traite aussi la cause : un désordre qui revient au même endroit n’a été que masqué.

Dessin de principe. Chaque numéro renvoie à sa ligne du tableau.

Une toiture est une surface continue, interrompue par des lignes et des raccords : le sommet, les bords, les angles rentrants, le contour d’une cheminée ou d’une fenêtre de toit. Ces « points singuliers » sont des jonctions : l’étanchéité y dépend d’un raccord, pas de la seule couverture. Le tableau ne donne pas de prix — il dit ce que le couvreur doit regarder autour du point réparé, car c’est là que se joue la durée de la réparation.

ÉlémentRéparation couranteCe que le couvreur doit vérifier autour
Tuile ou ardoise cassée, glisséeRemplacement à l’unité, refixationLe liteau et l’écran de sous-toiture en dessous ; la cause de la casse (chute de branche, piétinement, gel)
FaîtageReprise du scellement, remplacement de faîtièresLes faîtières voisines, et l’état de la ventilation en sommet de toiture
Solin (raccord cheminée ou mur)Reprise du raccord d’étanchéitéL’état de la souche de cheminée elle-même : un solin neuf sur une maçonnerie poreuse ne tient pas l’eau
Noue (angle rentrant)Remplacement du fond de noueLes tuiles qui la bordent, et les débris qui y stagnent
Gouttière, descenteRemplacement d’un tronçon, reprise d’un joint ou d’un crochetLa pente de la gouttière et le dégagement de la descente : une eau qui stagne reviendra
Écran de sous-toiture déchiréRéparation limitée à la zone accessibleL’étendue réelle, qui ne se voit qu’en déposant la couverture : c’est là qu’une réparation peut devenir un autre chantier

Le mot « travaux de toiture » recouvre tout cela, de la tuile remplacée à la réfection complète. La frontière entre réparer et refaire, et les signes qui la déplacent, font l’objet de notre page sur le bon moment pour refaire une toiture. Ici, on reste du côté de la réparation.

Le prix se connaît avant l’intervention

Aucun barème public ne le dit, et nous n’en inventerons pas. Deux réparations identiques peuvent différer par l’accès : une tuile en bas de pente d’un plain-pied et une tuile au faîtage d’une maison à étage ne demandent pas le même équipement. Ce que la loi garantit, c’est de connaître le taux horaire, le décompte du temps et les frais de déplacement avant l’intervention.

Pour la réparation, la règle est précise. L’arrêté du 24 janvier 2017 vise nommément les prestations de dépannage, de réparation et d’entretien de « couverture, toiture », et organise l’information sur le prix en trois temps.

Le « décompte du temps » n’est pas un détail. Sur une réparation facturée à l’heure, le point de départ du temps compté change la facture : il doit être réglé avant, par écrit.

Le texte impose aussi une question : souhaitez-vous conserver les pièces remplacées ? Le modèle officiel se coche oui ou non. Sur une toiture, les tuiles déposées encore saines peuvent valoir la peine d’être gardées : les modèles anciens se trouvent parfois difficilement, et quelques tuiles d’origine en réserve facilitent la prochaine réparation.

Réparation proposée à domicile : le schéma à reconnaître

Ne rien signer ni payer le jour même. Un contrat conclu chez vous ouvre un délai de rétractation de quatorze jours, et aucun paiement ne peut être exigé avant sept jours (art. L221-10 du Code de la consommation). L’exception des réparations urgentes ne vaut que pour celles que vous avez vous-même sollicitées, dans la limite du strict nécessaire.

Le schéma est connu des autorités. Après les incendies de l’été 2026, la DGCCRF l’a décrit en ces termes :

Des artisans ou des entreprises peu scrupuleux démarchent les victimes en promettant des réparations urgentes (toiture, fenêtres, systèmes anti-incendie) à des tarifs parfois attractifs. Ils demandent des acomptes, disparaissent sans finir les travaux, ou facturent des prestations non réalisées.
DGCCRF, « Arnaques après les incendies : comment éviter les pièges ? », 6 août 2026

Son exemple type tient en une phrase : « Signons un devis aujourd’hui, nous commençons demain ! ». Le droit y répond point par point, quel que soit l’événement qui a précédé la visite.

  1. Refuser la visite. Si vous avez clairement signifié ne pas vouloir de démarchage à domicile, toute visite non sollicitée vous proposant un service est interdite (art. L221-10-1).
  2. Ne rien payer pendant sept jours. Aucun paiement ni aucune contrepartie, « sous quelque forme que ce soit », avant sept jours après la signature d’un contrat hors établissement (art. L221-10).
  3. Garder quatorze jours pour réfléchir. Le délai de rétractation court à compter de la signature, et le contrat doit comporter un formulaire pour l’exercer (art. L221-9 et L221-18).
  4. Vérifier l’urgence invoquée. Les travaux de réparation « à réaliser en urgence » échappent à ces deux protections seulement s’ils ont été « expressément sollicités » par vous, et dans la limite de ce qui est « strictement nécessaire pour répondre à l’urgence » (art. L221-10 et L221-28). Un démarcheur qui vous annonce une urgence ne remplit pas cette condition.

La DGCCRF recommande de son côté d’exiger un devis détaillé et de privilégier les artisans que vous connaissez ou qui vous sont recommandés.

Toutes les réparations ne relèvent pas de la décennale

Pas toujours. La Cour de cassation a jugé qu’une réparation « de modeste importance, sans incorporation de matériaux nouveaux » ne constitue pas un élément de l’ouvrage, et échappe à la décennale (3e chambre civile, 28 février 2018). La réfection complète d’une toiture, elle, en relève en principe. Entre les deux, l’ampleur des travaux décide, au cas par cas.

Petite maison de pierre au toit de chaume abîmé et envahi de végétation
Toit de chaume dégradé sur l’île de Fédrun (Loire-Atlantique). Photo : Ibex73 (Wikimedia Commons), CC BY-SA 4.0, redimensionnée.

« de modeste importance, sans incorporation de matériaux nouveaux »Échappe à la décennale (28 février 2018)

Entre les deuxL’ampleur des travaux décide, au cas par cas

« travaux de réfection complète de la toiture »Leurs désordres traités comme décennaux (10 novembre 2016)

La garantie décennale protège l’ouvrage — le bâtiment et ses éléments constitutifs. Une intervention trop légère pour en devenir un élément n’y entre pas. L’arrêt de référence, publié au bulletin de la Cour de cassation, porte sur des travaux d’étanchéité de chéneaux :

En raison de leur modeste importance, sans incorporation de matériaux nouveaux à l’ouvrage, les travaux, qui correspondaient à une réparation limitée dans l’attente de l’inéluctable réfection complète d’une toiture à la vétusté manifeste, ne constituaient pas un élément constitutif de l’ouvrage.
Cour de cassation, 3e chambre civile, 28 février 2018, n° 17-13.478, publié au bulletin

Deux critères ressortent de cette décision : l’importance des travaux et l’apport de matériaux nouveaux. À l’autre bout de l’échelle, la même chambre a traité comme décennaux les désordres affectant des « travaux de réfection complète de la toiture » (10 novembre 2016, n° 15-24.379). Écarter la décennale ne veut pas dire qu’aucun recours n’existe : dans l’affaire de 2018, la responsabilité contractuelle de l’entreprise a été examinée à son tour.

Ce que cela change pour vous tient en trois réflexes. Demandez au couvreur sous quelle garantie il place son intervention. Exigez une facture qui décrit précisément ce qui a été fait et les matériaux posés — c’est elle qui permettra plus tard d’apprécier l’ampleur des travaux. Et si l’intervention est présentée comme provisoire, faites-le écrire : une réparation « en attendant » ne garantit pas ce qu’une réfection garantirait.

Réparer soi-même : la limite, c’est la hauteur

Techniquement parfois ; sans danger, c’est une autre question. Même chez les professionnels, formés et équipés, la chute de hauteur est la deuxième cause de décès au travail tous secteurs confondus, et le premier poste de décès dans le BTP (INRS). Ce que vous pouvez faire sans risque se fait depuis le sol et depuis les combles : observer, photographier, noter quand l’eau apparaît.

54 %

des décès consécutifs à une chute de hauteur au travail surviennent dans le BTP

INRS, « Chutes de hauteur — accidents du travail », page mise à jour le 21/04/2023

Une réparation de toiture réussie commence donc au sol, par un bon signalement :

  1. Localiser depuis l’extérieur. À distance, avec des jumelles si besoin : une tuile décalée, un faîtage dégarni, une gouttière qui déborde. Photographiez.
  2. Observer depuis les combles. Après une pluie, à la lampe : une trace d’humidité sur le bois, un jour visible entre les tuiles, une goutte qui tombe toujours au même endroit.
  3. Noter les circonstances. Par vent fort seulement ? Par pluie battante d’une direction ? Au dégel ? Le couvreur gagnera du temps, et vous aussi.
  4. Transmettre avant la visite. Photos et notes permettent au couvreur de venir avec le bon matériel, et de chiffrer plus juste.

Questions fréquentes

Faut-il un devis pour une petite réparation de toiture ?

Oui. L’arrêté du 24 janvier 2017 impose un devis détaillé avant l’exécution de toute prestation de réparation de couverture, sans seuil de montant ; conclu chez vous, ce devis prend la forme du contrat hors établissement. Il peut être payant, si son coût vous a été annoncé avant.

Puis-je garder mes anciennes tuiles ?

Oui : le professionnel doit vous demander si vous souhaitez conserver les pièces remplacées, selon un modèle à cocher prévu par l’arrêté de 2017.

Un couvreur peut-il exiger un acompte le jour de sa visite ?

Pas si le contrat est signé chez vous : aucun paiement ne peut être reçu avant sept jours. Seule exception, la réparation urgente que vous avez vous-même demandée, limitée au strict nécessaire.

Qui appeler pour une tuile cassée ?

Un couvreur, dont l’attestation d’assurance décennale mentionne l’activité de couverture. Pour une gouttière en zinc ou un raccord métallique, vérifiez que la zinguerie entre bien dans ses compétences.

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Cette page fait partie du dossier « Toiture ».

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Toutes ces pages ont été consultées le 26/09/2026.

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