Mon toitL’ouvrage et la technique
Solin de toiture : le raccord entre le toit et le mur
Rédaction Juste Toiture, relu source par source9 sources en bas de pageNotre méthode
En bref — Le solin est le raccord étanche entre la couverture et une paroi qui la dépasse : un mur plus haut, une souche de cheminée, un acrotère. Il se fait en mortier ou avec une bande métallique engravée dans le mur. C’est un point faible connu : l’Agence Qualité Construction range les solins parmi les points singuliers où naissent la plupart des infiltrations. Les causes reviennent toujours : solin oublié, tête mal protégée de l’eau qui ruisselle sur le mur, mortier de ciment qui fissure, engravure absente. Il s’inspecte depuis le sol et depuis les combles, jamais en montant sur le toit.
Qu’est-ce qu’un solin de toiture ?
C’est l’ouvrage qui ferme la jonction entre la couverture et une paroi verticale plus haute qu’elle. Sans lui, l’eau qui coule sur le mur passerait entre le mur et les tuiles. On le trouve le long d’un mur de pignon ou d’un mur mitoyen, autour d’une souche de cheminée, au pied d’un acrotère ou d’une lucarne.
Le dictionnaire de l’Académie française en donne une définition qui dit tout le rôle : un petit ouvrage, en mortier ou en un autre matériau, qui garnit le vide à la jointure de deux surfaces de plans différents, pour assurer l’étanchéité [7].
Sur un toit, les deux plans sont le versant, incliné, et le mur, vertical. L’eau arrive par les deux : la pluie qui tombe sur les tuiles, et celle qui ruisselle le long du mur.
Le mot désigne aussi, dans le métier, la bande de solin : un profilé métallique fixé au mur, qui recouvre le relevé d’étanchéité. C’est elle qu’on rencontre sur le bac acier, la tôle ou le fibro-ciment : sur ces couvertures en plaques, le raccord au mur se fait presque toujours en métal.
- Solin
- Raccord étanche entre la couverture et une paroi qui la dépasse, en mortier ou en bande métallique.
- Engravure
- Saignée taillée dans le mur, où l’on insère le bord supérieur d’une bande de solin pour que l’eau du mur passe par-dessus.
- Relevé
- Partie de l’étanchéité — zinc, plomb, membrane — remontée le long du mur, que le solin vient recouvrir.

Solin, abergement, noue, rive : quelle différence ?
Le solin longe une paroi ; l’abergement fait le tour d’un obstacle. Autour d’une cheminée, l’abergement est l’ensemble étanche qui ceinture la souche, et le solin en est la partie qui ferme le haut des relevés contre la maçonnerie. Noue, rive, closoir et couvertine traitent d’autres jonctions du toit, et figurent chacun sur un devis.
| Ouvrage | Ce qu’il raccorde | Où le trouver |
|---|---|---|
| Solin | La couverture et un mur qui la dépasse | Pied d’un mur, d’une souche, d’un acrotère |
| Abergement | La couverture et tout le pourtour d’un obstacle | Souche de cheminée, fenêtre de toit, sortie de ventilation |
| Noue | Deux versants qui se rencontrent en creux | Angle rentrant du toit, pied de lucarne |
| Rive | Le bord latéral d’un versant et le vide | Au-dessus d’un pignon |
| Closoir | Les tuiles de faîtage et les tuiles courantes | Au faîtage, aux arêtiers |
| Couvertine | Le dessus d’un mur et la pluie | Sommet d’un muret, d’un acrotère |
La noue de toiture : l’angle où l’eau converge — l’autre jonction qui fuit souvent au pied d’une lucarne ou d’un mur.
Comment savoir si un solin est à reprendre ?
Depuis le sol, à la jumelle, puis depuis les combles — sans monter sur le toit. Dehors : mortier fendu ou décollé, bande métallique qui bâille, joint de tête craquelé, traces sombres sur le mur. Dedans : auréoles ou bois humide au droit du mur ou de la cheminée. Le diagnostic sur le toit revient à un couvreur équipé.
- Mortier fendu ou décollé le long du mur — en général un mortier de ciment pur, trop rigide pour suivre les mouvements du toit.
- Une bande métallique qui bâille — son bord haut n’est plus tenu dans l’engravure : l’eau du mur passe derrière.
- Un joint de tête craquelé en haut de la bande — le mastic qui la protège s’entretient.
- Des traces sombres sur le mur — au-dessus du solin, ou des auréoles dans les combles au droit du mur ou de la cheminée.
C’est l’examen que l’AQC attend d’un propriétaire, dans sa fiche d’entretien des couvertures : un examen visuel des ouvrages qui contribuent à l’étanchéité — elle cite nommément les solins — et une visite des combles, qui révèle les infiltrations même mineures. La fréquence qu’elle indique : une fois par an pour les opérations courantes, et après les épisodes de vent fort, d’orage ou de fortes chutes de neige [3].
Une tache au plafond sous un mur ne prouve pas que le solin est en cause : une noue voisine, une tuile fêlée ou un défaut de la cheminée elle-même donnent des traces semblables. C’est au couvreur de remonter à l’origine avant de chiffrer.
Pourquoi un solin de toiture fuit-il ?
Parce que l’eau du mur passe derrière lui, ou parce qu’il a fissuré. L’Agence Qualité Construction relève cinq défauts d’exécution propres aux solins : l’oubli, la tête non protégée du ruissellement, le mortier de ciment pur qui fissure, l’engravure absente ou mal faite, et le couloir d’évacuation trop étroit le long du mur [2].
La fiche de l’AQC sur les infiltrations des couvertures en tuiles, édition 2026, est nette : la plupart des infiltrations de couvertures en petits éléments se produisent aux points singuliers, et les liaisons entre versants et murs en font partie. Les cinq défauts qu’elle détaille :
- L’oubli du solin, tout simplement.
- L’absence de protection de la tête de solin contre l’eau qui ruisselle sur la paroi.
- La fissuration d’un solin en mortier, quand on a employé un mortier de ciment pur.
- L’engravure absente ou mal faite d’un solin en zinc.
- Un couloir d’évacuation trop étroit le long du mur, pour les solins en zinc.
Le mécanisme est toujours le même : l’eau qui descend le long du mur se glisse derrière un solin dont le haut n’est pas couvert, et un couloir trop étroit déborde sous les tuiles par forte pluie.
Les souches de cheminée cumulent les difficultés : les côtés se traitent comme un solin continu, et l’arrière, où l’eau s’accumule, fonctionne comme un chéneau, écrit l’AQC.
Solin en mortier ou en zinc : que choisir ?
Le choix dépend du mur, de la couverture et des usages locaux. Le solin en mortier se fait au mortier bâtard, jamais au ciment pur qui fissure. La bande métallique, en zinc ou en plomb, s’engrave dans le mur et reçoit un joint en tête qui s’entretient. Sur une couverture en plaques, on emploie en pratique une bande métallique.
Le solin en mortier est l’ouvrage traditionnel des toits en tuiles. Il forme un bourrelet qui prend appui sur les tuiles et sur le mur. Son défaut connu tient au liant : l’AQC relève dans ses expertises des solins fissurés parce qu’on a employé un mortier de ciment pur au lieu d’un mortier bâtard, qui associe ciment et chaux. Trop rigide, le ciment pur ne suit pas les mouvements du toit.
Le solin métallique combine deux pièces : un relevé (ou des pièces pliées glissées sous les tuiles) et une bande qui le recouvre, dont le bord haut entre dans une engravure du mur. Deux points font sa durée, selon l’AQC :
- l’engravure : absente ou mal faite, l’eau passe entre le mur et la bande ;
- le joint en tête de bande : un mastic qui protège le haut de la bande, dont le remplacement périodique conditionne, en général, la durabilité des bandes de solin métalliques.
Sur un mur en pierre irrégulière, l’engravure est plus délicate à tailler droite : c’est une question à poser avant le devis, pas après.
Le plomb reste employé pour les bavettes qui épousent des reliefs. L’INRS range les travaux de couverture au plomb parmi les situations d’exposition : un travail de professionnel équipé [6].
La zinguerie : les pièces métalliques du toit — bandes de solin, abergements, noues et chéneaux relèvent du même savoir-faire.
Peut-on faire un solin contre le mur du voisin ?
Pas sans l’accord du voisin. Le Code civil interdit de pratiquer un enfoncement dans un mur mitoyen, ou d’y appuyer un ouvrage, sans le consentement de l’autre propriétaire — ou, à défaut, sans avoir fait régler par experts les moyens nécessaires pour ne pas nuire à ses droits [4]. Une engravure est un enfoncement.
La question se pose souvent : c’est la situation d’une maison de ville dont le toit s’appuie contre la maison voisine, plus haute.
L’un des voisins ne peut pratiquer dans le corps d’un mur mitoyen aucun enfoncement, ni y appliquer ou appuyer aucun ouvrage sans le consentement de l’autre, ou sans avoir, à son refus, fait régler par experts les moyens nécessaires pour que le nouvel ouvrage ne soit pas nuisible aux droits de l’autre.Code civil, article 662 — Légifrance, en vigueur depuis le 21 mars 1804, lu le 27 septembre 2026
En pratique, un accord écrit avec le voisin avant le chantier évite le litige. Si le mur n’est pas mitoyen mais appartient au voisin seul, la question se pose avec plus de force encore : vous intervenez sur son bien. Un géomètre ou un notaire peut dire à qui appartient le mur ; votre couvreur, non.
Comment se passe la reprise d’un solin, et combien coûte-t-elle ?
On traite la cause, pas seulement la trace. Le couvreur localise l’entrée d’eau, dépose le solin défaillant, reprend l’engravure ou le mortier, reconstitue le relevé et protège la tête. Un joint de mastic seul ne corrige ni une engravure absente ni un couloir trop étroit. Aucune source publique ne chiffre la reprise : le prix dépend surtout de l’accès.
- Constater l’origine depuis les combles, puis sur le toit, par un couvreur équipé.
- Choisir la technique : mortier bâtard, ou bande métallique engravée, selon le mur et la couverture.
- Déposer l’ancien solin et les tuiles de la rangée concernée.
- Reprendre le support : engravure, relevé, pièces glissées sous les tuiles.
- Poser et protéger la tête du solin contre le ruissellement du mur.
- Remettre des photos avant et après : c’est le seul moyen de voir un travail fait à plusieurs mètres de hauteur.
Pourquoi cette page ne donne pas de prix
Nous n’avons trouvé aucune source publique et datée qui chiffre la reprise d’un solin : nous ne publions donc pas de fourchette. Ce qui fait varier le devis est connu, et chaque poste doit apparaître sur une ligne.
Sur le devis, cherchez
- La technique retenue, nommée : pas seulement « reprise de solin ».
- La longueur à reprendre et la nature du mur.
- L’accès : échelle, échafaudage ou nacelle.
- Le matériau : mortier bâtard, zinc ou plomb.
- La dépose de l’ancien ouvrage et la reprise éventuelle des tuiles voisines.
L’attestation d’assurance décennale doit viser l’activité : seuls les travaux déclarés dans le contrat d’assurance du constructeur sont couverts, rappelle service-public.gouv.fr [5].
Que demander au couvreur avant de signer ?
Comment l’eau du mur sera arrêtée, et d’où vient la fuite. Faites dire la technique et sa raison, la protection de la tête du solin, l’accord du voisin si le mur est mitoyen, et demandez l’attestation décennale qui vise la couverture. Un solin refait sans origine constatée peut laisser la fuite intacte.
À demander au couvreur
- « Avez-vous constaté d’où vient l’eau : solin, noue, tuile ou cheminée ? »
- « Comment la tête du solin sera-t-elle protégée de l’eau qui ruisselle le long du mur : engravure, joint, ou les deux ? »
- « Mortier bâtard ou bande métallique : pourquoi ce choix pour mon mur ? »
- « Le mur est-il mitoyen, et faut-il l’accord écrit du voisin ? »
- « Votre attestation décennale vise-t-elle cette activité ? »
Questions fréquentes
Comment faire un solin contre un mur ?
Le principe : un relevé d’étanchéité remonté contre le mur, recouvert par une bande métallique dont le bord haut entre dans une engravure, ou un bourrelet de mortier bâtard appuyé sur les tuiles et sur le mur. La tête doit être protégée de l’eau qui ruisselle. C’est un travail en hauteur, sur un point sensible : il revient à un couvreur.
Solin ou closoir : quelle différence ?
Le solin raccorde le toit à un mur. Le closoir ferme le vide entre les tuiles de faîtage, ou d’arêtier, et les tuiles courantes, en épousant leur relief ; en pose à sec, il laisse sortir l’air de ventilation. Les deux assurent l’étanchéité d’une jonction, mais pas la même.
Qu’est-ce qu’un solin pour toiture en bac acier ?
Une bande métallique pliée qui raccorde les plaques au mur : une aile suit la pente des plaques, l’autre remonte contre la paroi, où elle est engravée ou fixée avec un joint en tête. Comme sur une couverture en tuiles, le point sensible reste la protection du haut de la bande contre l’eau qui coule sur le mur.
Fuite au solin de cheminée : que faire ?
Protégez l’intérieur, photographiez les traces, et faites intervenir un couvreur qui recherchera l’origine : solin, abergement, arrière de la souche ou conduit lui-même. Ne montez pas sur le toit. Si la fuite suit un coup de vent, la garantie tempête de votre contrat habitation peut jouer : relisez ses conditions.
Sources
- Agence qualité construction, Isolation des combles perdus par soufflage — 12 enseignements à connaître : « Risque de chute au travers du plancher dans le cas d’un plafond léger », lu le
- Agence Qualité Construction — fiche pathologie C.06 « Infiltrations sur couvertures en tuiles (points singuliers et parties courantes) », édition 2026, lue le
- Agence Qualité Construction — fiche entretien-maintenance G.09 « Les couvertures », mise à jour en janvier 2024, lue le
- Code civil, article 662 — mur mitoyen, Légifrance, lu le
- service-public.gouv.fr — garantie décennale (F2034), vérifiée le
- INRS — chutes de hauteur, mis à jour le · plomb, mis à jour le
- Dictionnaire de l’Académie française, 9ᵉ édition — « solin »
- CSTB — liste des DTU en vigueur au 2 février 2026 (séries 40.1 et 40.2, couvertures en petits éléments)
- NF DTU et DTU de la série 40 — règles de réalisation des solins et relevés (normes AFNOR payantes, non consultables librement ; aucune valeur n’en est reproduite ici)
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