Mon toitL’ouvrage et la technique
Toiture en chaume : entretien et assurance d’une chaumière
Rédaction Juste Toiture, relu source par source30 sources en bas de pageNotre méthode
En bref — Un toit de chaume est aujourd’hui fait surtout de roseau, posé en couche épaisse sur la charpente. Selon les parcs naturels régionaux, il dure de 30 à 40 ans s’il sèche bien et s’il est surveillé.
Il n’existe ni norme NF DTU ni règle professionnelle acceptée pour le chaume : il relève en principe de la technique non courante, d’où les difficultés d’assurance, même si certains assureurs l’admettent en technique courante.
Aucun texte national lu ne l’interdit ni ne lui fixe de règle propre contre l’incendie. Un PLU peut en revanche l’imposer sur les chaumières qu’il protège.
De quoi est fait un toit de chaume, et comment le pose-t-on ?
Surtout de roseau aujourd’hui, parfois de paille de seigle ou de blé. Le chaumier pose les tiges en bottes serrées, par rangs, sur une épaisseur d’au moins 35 cm environ pour une couverture neuve selon le parc naturel régional de Brière. Le faîtage, en haut, se fait en terre, en mortier ou en ciment selon les régions.
Le parc naturel régional de Brière, qui compte près de 2 225 couvertures en chaume, écrit que le matériau utilisé aujourd’hui est le roseau (Phragmites australis), venu des roselières de Brière, de Camargue ou d’autres pays européens.
En Ariège, les CAUE de Midi-Pyrénées notent que la paille de seigle, rarement cultivée, est parfois remplacée par du roseau de Camargue, en restauration comme en neuf [13].
Deux gestes de pose sont décrits par les parcs :
- à l’horizontale, « à la barre » : chaque rang de bottes est maintenu par des barres métalliques ou végétales (Brière) ;
- par passées verticales d’environ 70 cm de large, du bas vers le faîtage (Brière). En Normandie, le parc des Boucles de la Seine décrit la méthode traditionnelle : des poignées de 25 cm de diamètre, liées autrefois à l’osier ou au seigle mouillé, aujourd’hui au fil de fer galvanisé.
L’épaisseur compte : « aux alentours de trente-cinq centimètres » au minimum pour une réfection à neuf selon le parc de Brière, de 32 à 35 cm et jusqu’à 40 cm chez certains artisans selon le parc du Golfe du Morbihan.
- Faîtage d’un toit de chaume
- La ligne de sommet, qui ferme le toit là où les deux pans se rejoignent. En Normandie, une couche de glaise plantée d’iris, dont les racines tiennent la terre ; en Brière, un mortier de chaux et de terre couvert de mottes d’herbe, ou du ciment ; en Camargue, une « cape » de ciment sur grillage.
Sur le faîtage, les sources publiques se contredisent :
- le parc de Brière écrit que le faîtage en ciment est courant, demande peu d’entretien et assure l’étanchéité ;
- la fiche du CAUE de Loire-Atlantique, qui reprend le texte d’un artisan chaumier, conseille au contraire de proscrire les mortiers, qui finissent par fissurer [12].
Faites expliquer son choix au chaumier.
Faîtage de toiture : le point faible du toit — le même sommet du toit, sur les autres couvertures.

Combien de temps dure un toit de chaume, et comment l’entretenir ?
De 30 à 40 ans selon les organismes publics qui suivent les chaumières, à condition qu’il sèche bien et soit surveillé. Le parc de Brière observe depuis les années 2000 des dégradations prématurées, dues à des champignons qui attaquent le roseau. Les chiffres qui circulent ne concordent pas : lisez chacun avec sa source.
| Organisme | Durée de vie annoncée | Usure décrite |
|---|---|---|
| Parc naturel régional de Brière (guide de 2022) | environ 30 à 35 ans | — |
| Parc naturel régional du Golfe du Morbihan (2020) | 35 à 40 ans | 3 à 5 mm par an en moyenne |
| CAUE de Loire-Atlantique (2020, texte d’un artisan) | environ 30 à 40 ans | presque rien les dix premières années, puis environ 1 cm par an |
Le parc de Brière résume le principe : plus la toiture reste sèche, plus elle dure. Son guide « Surveiller sa couverture en chaume » donne une conduite simple :
- Observer soi-même deux fois par an : une fois l’été, une fois l’hiver.
- Faire passer un professionnel tous les cinq ans, plus souvent si la couverture est atteinte.
- Dégager les abords : couper les branches qui surplombent le toit, à 1 ou 2 mètres au moins, et les plantes grimpantes à plus de 50 cm de la couverture. Feuilles, ombre et gouttes gardent le chaume humide.
- Rester prudent face aux traitements : contre les champignons qui se développent dans la couverture, le parc écrit qu’il n’y a pas assez de recul pour confirmer l’efficacité à long terme d’un traitement.
Un toit de chaume brûle-t-il plus facilement ?
C’est une couverture végétale, et aucun texte national lu ne lui fixe de règle propre. Les règles d’incendie des couvertures, pour les maisons neuves, classent les revêtements par réaction au feu et par distance aux voisins. Le parc de Brière annonce un classement M3 pour le chaume, sans publier le procès-verbal. Le premier geste reste le ramonage.
L’arrêté du 31 janvier 1986 sur la protection des bâtiments d’habitation contre l’incendie règle les couvertures dans son article 15, pour les maisons dont le permis de construire a été déposé à partir de 2020 [15] :
- les revêtements classés M1, M2 ou M3 y sont admis « sans restriction » sur un support continu incombustible ou en panneaux de bois ;
- sinon, la couverture doit résister au passage du feu selon un essai ;
- à plus de douze mètres des voisins et de la limite de propriété, toute couverture est admise.
Le mot « chaume » n’y figure pas : pour un projet neuf, faites dire par le chaumier et le bureau de contrôle ce qui s’applique au vôtre.
Autour de la souche, le parc du Golfe du Morbihan décrit une pratique d’artisan : le chaume s’arrête à 70 ou 80 cm de la cheminée, et une couche de mortier armé d’un grillage le recouvre [8]. C’est une pratique observée, pas une règle.
Aucune des sources publiques lues ne recommande ni n’exige de traitement ignifuge du chaume. Deux guides de prix en ligne le disent nécessaire, sans citer de texte ni d’essai.
Comment assurer une chaumière ?
Difficilement, parce que le chaume n’a ni norme NF DTU ni règle professionnelle acceptée. Pour l’Agence Qualité Construction, il relève alors en principe de la « technique non courante », assurable après étude du risque ; certains assureurs l’admettent pourtant en technique courante. Un sénateur a relevé en 2018 que ce vide laisse les assureurs libres de refuser certains sinistres.
La liste des règles professionnelles acceptées par la commission Prévention Produits (C2P) de l’AQC, mise à jour en janvier 2026, ne compte aucune règle pour le chaume ni pour le roseau [24].
Le parc de Brière indique qu’une association de chaumiers travaille depuis 2019 à en écrire.
- En réponse au Sénat en décembre 2018, le ministère de la Transition écologique envisageait, une fois les études menées, des échanges avec les assureurs pour faire évoluer ce cadre [21].
- L’AQC, dans une fiche de décembre 2025, conseille de se renseigner : certains assureurs rangent les techniques ancestrales, dont le chaume, en technique courante [25].
Peut-on remplacer un toit de chaume par un autre matériau ?
Pas toujours : le PLU peut imposer de garder le chaume sur les chaumières qu’il protège. Le Conseil d’État l’a admis le 13 juillet 2026 pour le PLU intercommunal de la région nazairienne. Ailleurs, changer de matériau modifie l’aspect extérieur : déclaration préalable au minimum. Passez en mairie avant tout devis.
imposer, pour en assurer la conservation, le recours à des matériaux qui en constituent une composante caractéristiqueConseil d’État, 13 juillet 2026, n° 507489, mentionné aux tables du recueil Lebon, lu sur Légifrance le 27 septembre 2026 — ce que le règlement d’un PLU peut prévoir pour des immeubles qu’il identifie, à condition que ce soit « le seul moyen » d’atteindre l’objectif et que la prescription reste proportionnée
Dans cette affaire, le Conseil d’État a jugé que ni l’absence de norme technique propre au chaume ni le surcoût pour les propriétaires ne rendaient la règle disproportionnée [20].
Hors d’un tel PLU, remplacer le chaume modifie l’aspect extérieur : c’est au minimum une déclaration préalable (Code de l’urbanisme, art. R*421-17, a) [19], et l’accord de l’Architecte des Bâtiments de France aux abords d’un monument ou dans un site patrimonial remarquable.
Quand faut-il une déclaration préalable pour sa toiture ? — quand changer de matériau demande une déclaration.
Des aides locales existent, attachées à un territoire et à des conditions :
- autour de la Brière, deux communautés d’agglomération aident, avec le parc, à rénover les couvertures de moins de 35 ans dégradées prématurément et sorties de la garantie décennale (dispositif présenté en 2022) [6] [7] ;
- le parc des Marais du Cotentin et du Bessin aide la rénovation des couvertures en chaume, à 20 % des travaux et 4 000 € au plus (modalités rappelées en juillet 2024) [11] ;
- la Haute-Loire en réserve une aux chaumières de deux communes (dispositif de 2022) [14].
Le label de la Fondation du patrimoine est accordé après avis favorable de l’unité départementale de l’architecture et du patrimoine [23]. Vérifiez auprès de l’organisme que l’aide est ouverte et que vous en remplissez les conditions.
Combien coûte un toit de chaume ?
De 120 à 160 €/m² en moyenne, selon le seul organisme public lu qui publie un chiffre, le parc du Golfe du Morbihan (2020). Deux guides en ligne de septembre 2024 donnent 120 à 150 € et 120 à 140 €. Le devis dépend surtout de l’épaisseur, de la forme du toit, du faîtage et de l’état de la charpente.
Ce qui fait varier le devis, et que le chaumier doit détailler :
- la surface réelle du toit, qui dépend de sa pente ;
- l’épaisseur posée et la provenance du roseau ;
- la forme : lucarnes, noues, cheminées et raccords multiplient les heures ;
- le faîtage, souvent chiffré à part au mètre linéaire ;
- la dépose de l’ancien chaume et l’état des bois qui le portent.
Questions fréquentes
Quelle paille pour un toit de chaume ?
Aujourd’hui, surtout du roseau. La paille de seigle et la paille de blé ont été employées, mais la paille de seigle, rarement cultivée, est parfois remplacée par du roseau de Camargue en Ariège, en restauration comme en neuf, notent les CAUE de Midi-Pyrénées. Le chaumier choisit selon la tradition locale et ce que le PLU demande.
Quand faut-il changer un toit de chaume ?
Quand l’épaisseur a fondu au point de laisser passer l’eau, ou quand les champignons l’ont attaqué en profondeur. Les parcs naturels régionaux situent la durée de vie entre 30 et 40 ans ; une visite d’un professionnel tous les cinq ans permet de voir venir la réfection.
Un toit de chaume isole-t-il bien ?
Le roseau posé en forte épaisseur a une résistance thermique réelle : le parc de Brière annonce 3,7 m².K/W pour 30 cm de couverture. C’est une donnée d’un organisme public, pas un résultat garanti ; l’étanchéité à l’air et la ventilation comptent autant.
Le toit de chaume est-il interdit ?
Non, aucun texte national lu ne l’interdit. Des arrêtés l’ont fait par le passé : dans le Morbihan, un arrêté préfectoral du 8 août 1908 l’a interdit, avant d’être assoupli dès janvier 1909, selon le parc du Golfe du Morbihan. Aujourd’hui, c’est le PLU de la commune qui dit s’il est admis, imposé ou refusé sur votre parcelle.
Sources
- « Chaumières de Brière » (page modifiée le 05/02/2026), parc naturel régional de Brière, consultée le
- « Les chaumiers, artisans du chaume » (17/06/2024), parc naturel régional de Brière, consultée le
- Livret « Vivre et habiter sa chaumière » (2015), parc naturel régional de Brière, consultée le
- Guide « Surveiller sa couverture en chaume » (29/06/2022), parc naturel régional de Brière, consultée le
- « La filière Roseau » (07/11/2024), parc naturel régional de Brière, consultée le
- Aide aux chaumières dégradées (19/06/2023), parc naturel régional de Brière, consultée le
- Dépliant « Aide à la rénovation des couvertures en chaume prématurément dégradées » (22/08/2022, dégradations observées « depuis les années 2000 »), parc naturel régional de Brière, consultée le
- « Les savoir-faire chaumiers » (2020 ; coût moyen p. 36, arrêté de 1908), parc naturel régional du Golfe du Morbihan, consultée le
- « Route des chaumières » (14/03/2025), parc naturel régional des Boucles de la Seine normande, consultée le
- « Du roseau à la cabane de gardian » (01/2007), parc naturel régional de Camargue, consultée le
- Délibération du 16/07/2024, parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin, consultée le
- Fiche n° 9 « Les toitures en chaume » (16/09/2020), CAUE de Loire-Atlantique, consultée le
- « Couverture en chaume » (2012), les 8 CAUE de Midi-Pyrénées, consultée le
- Aide aux toitures typiques (20/06/2022), département de la Haute-Loire, consultée le
- Arrêté du 31 janvier 1986, art. 15 (version du 01/01/2020), Légifrance, consultée le
- Décret n° 2023-641 du 20 juillet 2023 (Code de la santé publique, art. R1331-18 et R1331-19, ramonage), Légifrance, consultée le
- Code des assurances, art. L113-2 (version du 01/04/2018), Légifrance, consultée le
- Code des assurances, art. L243-2 (version du 08/08/2015), Légifrance, consultée le
- Code de l’urbanisme, art. R*421-17 (version du 22/02/2026), Légifrance, consultée le
- Conseil d’État, 13/07/2026, n° 507489, Légifrance, consultée le
- Question n° 07030 et réponse du 20/12/2018, Sénat, consultée le
- Question n° 07028 et réponse du 23/05/2019, Sénat, consultée le
- Question n° 22779 et réponse du 24/06/2021 (label de la Fondation du patrimoine), Sénat, consultée le
- Règles professionnelles acceptées par la C2P (janvier 2026), Agence Qualité Construction, consultée le
- Fiche « Comprendre les processus technico-assurantiels » (édition décembre 2025), Agence Qualité Construction, consultée le
- Le ramonage et l’assurance (24/09/2026), France Assureurs, consultée le
- Page sur la toiture en chaume (26/09/2024) — guide commercial, non officiel, guide-toiture.com, consultée le
- Page sur le prix du toit de chaume au m² (30/09/2024) — guide commercial, non officiel, renovationettravaux.fr, consultée le
- Page sur le prix du toit de chaume (09/10/2024) — guide commercial, non officiel, habitatpresto.com, consultée le
- Page sur le prix d.une toiture neuve (13/10/2026) — guide commercial, non officiel, habitatpresto.com, consultée le
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