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Zinguerie de toiture : les pannes courantes et leur prix
Rédaction Juste Toiture, relu source par source14 sources en bas de pageNotre méthode
En bref — La zinguerie, ce sont les ouvrages métalliques qui évacuent l’eau de pluie et qui rendent le toit étanche là où la tuile ne suffit plus : gouttières, chéneaux et descentes d’un côté ; noues, solins, abergements et bandes de rive de l’autre. Elle n’est pas toujours en zinc, mais les métaux ne se marient pas tous : l’eau ne doit jamais couler du cuivre vers le zinc. Et c’est aux points singuliers qu’elle protège que naissent la plupart des infiltrations.
Qu’est-ce que la zinguerie d’une toiture ?
La zinguerie est l’ensemble des ouvrages métalliques qui évacuent l’eau de pluie et rendent étanches les points singuliers du toit : gouttières, chéneaux et descentes d’un côté ; noues, solins, abergements, bandes de rive et couvertines de l’autre. Le mot vient du zinc, mais le cuivre, l’acier inoxydable ou le plomb en relèvent aussi.
Au sens du dictionnaire, la zinguerie désigne l’atelier où l’on façonne le zinc, ou les ouvrages qui en sont faits. Sur un toit, elle traite les points singuliers, là où la tuile courante ne suffit plus.
C’est là que se produisent la plupart des infiltrations des couvertures en tuiles, selon l’Agence Qualité Construction (AQC) : faîtages, noues, arêtiers, solins, rives, égout, fenêtres de toit, et autour des petits ouvrages comme les souches de cheminée.
Chaque métal a son référentiel :
- le DTU 40.41 encadre la couverture en zinc (septembre 2004), le DTU 40.45 le cuivre, le NF DTU 40.44 l’inox et le DTU 40.46 le plomb ;
- l’évacuation des eaux pluviales relève du DTU 40.5, une norme expérimentale de novembre 1993, et, pour le calcul des sections, du NF DTU 60.11, partie 3, d’août 2013.

Quelles sont les pièces de la zinguerie ?
Chaque pièce porte un nom précis, celui du devis. La gouttière recueille l’eau au bas du versant, la naissance la conduit à la descente, le dauphin la rejette au pied du mur. La noue draine l’angle rentrant entre deux versants, le solin raccorde la couverture à un mur, l’abergement entoure une cheminée ou une fenêtre de toit.
| Pièce | Ce qu’elle fait | Où la trouver |
|---|---|---|
| Gouttière pendante | Suspendue par des crochets, elle recueille l’eau du versant | En bord de toit ; demi-ronde, carrée ou moulurée |
| Gouttière rampante | Dite plate — nantaise, havraise… —, elle est posée sur le bas du versant lui-même | Au-dessus de l’égout, sur la couverture |
| Chéneau | Canal qui recueille l’eau au bas d’un versant et la mène aux descentes | Sur le mur, souvent derrière une corniche, ou encaissé dans la maçonnerie |
| Naissance, descente, dauphin | Départ de l’eau vers la descente ; tuyau vertical ; pied recourbé qui rejette l’eau | Le long des façades |
| Noue | Angle rentrant entre deux versants, où l’eau converge | Entre deux pans, au pied d’une lucarne |
| Solin | Raccord étanche, en mortier ou en métal, entre la couverture et un mur | Le long d’un mur qui dépasse du toit |
| Abergement | Ouvrage d’étanchéité autour d’une pénétration | Autour d’une souche de cheminée, d’une fenêtre de toit |
| Bande de rive, couvertine | Profilé qui protège le bord latéral du toit ; coiffe qui protège le dessus d’un mur | Sur les rives ; sur les murets et acrotères |
Gouttière ou chéneau : quelle différence ?
La gouttière pendante est suspendue en bord de toit ; le chéneau est posé sur la maçonnerie, ou encaissé dedans. La différence se paie le jour où ils débordent : l’eau d’une gouttière pendante tombe dehors, celle d’un chéneau encaissé peut entrer dans le bâtiment. D’où l’importance de sa taille et de son trop-plein.
L’Agence Qualité Construction relève, sur des toitures en bac acier, des chéneaux engorgés par des déchets végétaux qui débordent, et d’autres trop petits pour la surface de toiture qu’ils reçoivent. Le guide du ministère de la Culture pour les ouvrages de couverture prévoit un trop-plein sur chaque pente de chéneau, pour évacuer l’eau si la naissance se bouche.
La section d’une gouttière ou d’un chéneau se calcule sur la surface en plan de la toiture, pas sur sa surface rampante.
- Surface en plan
- La projection horizontale d’une toiture : c’est sur elle que se calcule le débit d’eau à évacuer, rappelle la Fédération française du bâtiment. Un toit très pentu n’envoie donc pas plus d’eau qu’un toit plat de même emprise ; un mur plus haut que le toit peut en ajouter, par pluie battante.
Le chéneau encaissé, et ce qui se passe quand il déborde — sa page dit qui doit l’entretenir et où doit aller son eau.
Quelles sont les pannes de zinguerie les plus courantes ?
Dans ses expertises, l’AQC relève des noues ou des chéneaux trop petits, des solins oubliés ou fissurés, des engravures mal faites et des relevés de noue insuffisants. S’y ajoutent les gouttières bouchées, les soudures et les joints de dilatation fatigués, qui relèvent de l’entretien. Plusieurs de ces pannes se voient sans monter sur le toit.
- L’eau ne sort pas en pied de descente — l’AQC conseille de le vérifier depuis le sol : la gouttière ou la naissance est peut-être bouchée.
- Une gouttière ou un chéneau qui déborde par forte pluie — l’AQC relève des chéneaux engorgés par des déchets végétaux, et d’autres trop petits pour la surface qu’ils reçoivent.
- Une trace d’eau au plafond, le long d’un mur ou autour d’une cheminée — c’est là que travaillent solins et abergements, parmi les points singuliers où naissent la plupart des infiltrations.
L’AQC détaille les défauts qu’elle rencontre :
- À la conception : noues et chéneaux sous-dimensionnés.
- À l’exécution : solin oublié ; tête de solin non protégée du ruissellement le long du mur ; solins en mortier fissurés parce qu’on a employé du ciment au lieu d’un mortier bâtard ; engravure absente ou mal faite pour les solins en zinc ; relevés de noue insuffisants.
- Autour des petits ouvrages — souches de cheminée, lucarnes, chiens-assis — les problèmes sont les mêmes ; à l’arrière d’une souche, la jonction fonctionne comme un chéneau.
Le solin, raccord entre le toit et le mur — la pièce de zinguerie que l’AQC cite le plus souvent dans ces défauts.
Peut-on associer zinc et cuivre sur un toit ?
Oui, à une règle près : jamais le cuivre au-dessus du zinc. L’eau qui a coulé sur du cuivre attaque le zinc placé plus bas, et on évite aussi de mettre les deux en contact. Le zinc craint encore certaines essences de bois et le contact direct du plâtre. Le plomb reste autorisé en couverture, mais expose ceux qui le travaillent.
- Le zinc s’assemble par soudure à l’étain : un brasage tendre, dont les températures courantes vont de 180 à 250 °C selon l’INRS.
- Le bois sous le zinc : le guide du ministère de la Culture exclut le chêne, le châtaignier, le red cedar (thuya géant), le douglas, le bouleau et le mélèze ; avec une essence non compatible, on interpose une membrane.
- Le plâtre : le zingueur pose une membrane pour que le zinc ne le touche pas, décrit une fiche d’inventaire du même ministère.
- Le cuivre ne se place ni au contact du zinc ni en amont de lui.
Quel entretien demande la zinguerie ?
Gouttières et chéneaux se nettoient une fois par an, et plus souvent en site arboré, surtout à l’automne, recommande l’AQC. Le même entretien courant fait vérifier les soudures, remplacer périodiquement certains éléments de dilatation des chéneaux et le joint mastic des bandes de solin. Depuis le sol, vous pouvez vérifier que l’eau s’écoule en pied de descente.
Attention au nettoyage : selon l’AQC, un nettoyage trop vigoureux peut endommager les éléments de dilatation des chéneaux. La durabilité des bandes de solin dépend, elle, de leur joint mastic.
Le nettoyage se fait depuis un accès sécurisé : une toiture n’est pas faite pour qu’on y marche.
Combien coûte la zinguerie d’une toiture ?
Une gouttière en zinc coûte de 40 à 100 € le mètre linéaire, fournie et posée, selon deux guides de prix qui publient exactement la même fourchette : un ordre de grandeur incertain, pas un tarif. La dépose de l’ancienne gouttière et l’accès s’ajoutent. Pour un chéneau ou une descente posés, un seul guide publie un prix : nous n’en donnons pas.
Méfiez-vous des chiffres trop concordants : deux guides qui publient la même fourchette ne la confirment pas. Un devis détaillé reste la seule base de comparaison.
Sur le devis, cherchez
- la longueur, en mètres linéaires ;
- le métal, le profil et son développé ;
- le nombre de descentes ;
- la dépose de l’ancienne installation ;
- l’accès : nacelle ou échafaudage.
Zingueur ou couvreur : qui pose la zinguerie ?
Le couvreur pose chéneaux et gouttières et assure le raccord des cheminées ; le couvreur-zingueur est un métier associé, selon l’ONISEP. Quel que soit son titre, vérifiez que l’attestation d’assurance décennale de l’entreprise vise cette activité : seuls les travaux déclarés au contrat de l’entreprise sont couverts, rappelle service-public.gouv.fr.
À demander au couvreur
- Pouvez-vous détailler au devis les mètres linéaires, le métal, la dépose et l’accès ?
- Votre attestation d’assurance décennale vise-t-elle ces travaux de zinguerie ?
- Pour un chéneau : un trop-plein est-il prévu si la naissance se bouche ?
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’une noue de toiture ?
L’angle rentrant où deux versants se rejoignent, et où l’eau des deux pans converge : un point sensible, puisqu’il concentre les écoulements. Elle peut être métallique, en zinc par exemple, ou réalisée en tuiles. L’AQC cite les noues sous-dimensionnées et les relevés insuffisants parmi les causes d’infiltration.
Qu’est-ce qu’un abergement de cheminée ?
L’ouvrage d’étanchéité qui raccorde la couverture au pourtour de la souche. Sur les côtés, il suit la pente ; à l’arrière, la jonction est assimilable à un chéneau, selon l’AQC, qui range les souches de cheminée parmi les petits ouvrages où se produisent les mêmes infiltrations. Il peut être en zinc ou en plomb.
Qu’est-ce qu’un solin de toiture ?
Le raccord étanche entre la couverture et un mur plus haut qu’elle, en mortier ou en bande métallique. En mortier, il doit être réalisé au mortier bâtard, pas au ciment, qui fissure ; en zinc, il s’engrave dans le mur. Sa tête doit être protégée du ruissellement le long de la paroi.
Peut-on récupérer l’eau de pluie d’un toit en plomb ?
Pas pour les usages domestiques : l’arrêté du 12 juillet 2024 (art. 4) exclut l’eau de pluie recueillie sur une couverture en plomb, comme sur une couverture en amiante.
Sources
- Code civil, art. 681, égout des toits
- Arrêté du 12 juillet 2024, usages des eaux de pluie, art. 4 (version du ), Légifrance, lu le
- CSTB — liste des DTU en vigueur au 2 février 2026 (DTU 40.5 : XP P36-201 de novembre 1993 ; DTU 40.41 de septembre 2004 ; NF DTU 60.11 P3 d’août 2013)
- DTU 40.5, 40.41, 40.44, 40.45, 40.46, NF DTU 60.11 — contenu des normes (édition AFNOR/CSTB payante, non consultable librement en ligne)
- Agence Qualité Construction — fiche « Infiltrations par points singuliers de couvertures en tuiles », septembre 2026 · fiche d’entretien « Les couvertures », janvier 2024
- Agence Qualité Construction, autres fiches lues le — « Infiltrations sur couverture de grands éléments : toiture sèche », septembre 2026 · « Prévention des risques en habitation n° 09 — Dégâts des eaux par toitures » (« surtout en période automnale »), janvier 2024
- FFB — dimensionnement des évacuations d’eaux pluviales (surface en plan, pluie battante sur un mur en surplomb), · le plomb en couverture,
- INRS — plomb, mis à jour le · ED 122 « Le brasage tendre » (octobre 2020 ; températures courantes de 180 à 250 °C), lue le
- Ministère de la Culture — « Guide de maîtrise d’ouvrage et de maîtrise d’œuvre — Ouvrages de couverture, ouvrages communs », août 2011 (p. 46 : essences exclues sous le zinc ; p. 47 : trop-plein de chéneau), lu le · fiche d’inventaire « Les savoir-faire du couvreur zingueur parisien » (mars 2017 ; membrane entre zinc et plâtre), lue le
- Énergie+ (Belgique : université de Louvain et Service public de Wallonie) — « Oxydation des accessoires de toiture » : cuivre ni au contact du zinc ni en amont (page de 2007, modifiée en 2020), lue le , faute de source publique française lue sur ce point
- ONISEP — fiche métier couvreur
- service-public.gouv.fr — garantie décennale (F2034, vérifiée le )
- Vocabulaire — Larousse (zinguerie, noue, solin, dauphin) · Académie française (chéneau)
- Prix — deux guides commerciaux d’éditeurs distincts, non officiels, relus le : Travaux.com (mis à jour le ) · origine déclarée de ses tarifs (page gouttières) · Habitatpresto ()
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