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Devenir couvreur

Devenir couvreur, de la formation à l’installation

Vérifié le Sources : France Travail (enquête BMO 2024 à 2026) · ONISEP · France Compétences · service-public.gouv.fr · Légifrance (convention collective IDCC 1597, accords de salaires, Code de l’artisanat, Code des assurances)

En bref — On devient couvreur par trois portes : le CAP, dès la sortie de 3ᵉ, de préférence en apprentissage, qui mène plus souvent à un emploi ; une formation d’adulte comme le titre professionnel couvreur-zingueur ; ou la VAE quand on a déjà travaillé sur des toits. L’emploi existe dans tout le pays — 9 070 projets de recrutement en 2026, dont 79,6 % jugés difficiles — mais il recule : 13 870 projets en 2024. Pour s’installer à son compte, un diplôme du métier ou trois ans d’expérience effective sont obligatoires.

Avant de vous lancer : ce que le métier demande

Qui peut devenir couvreur ?

Toute personne capable de travailler en hauteur, dehors et par tous les temps : aucun diplôme n’est exigé pour être embauché comme ouvrier. L’ONISEP cite l’habileté, la prudence, l’endurance et le sens de l’équilibre, ainsi que l’esprit d’équipe et le sens des responsabilités, comme qualités attendues.

Commençons par ce qui fait renoncer, parce que c’est ce qu’on découvre trop tard. L’ONISEP décrit un métier qui s’exerce toujours dehors, été comme hiver, souvent à genoux et dans des positions inconfortables, avec harnais, casque et chaussures de sécurité, et des déplacements fréquents de chantier en chantier. Le risque d’accident y est réel : selon l’INRS, les chutes de hauteur sont la deuxième cause de décès au travail, tous secteurs confondus.

Trois questions à se poser honnêtement, avant toute inscription :

  • La hauteur. Travailler plusieurs heures sur un toit, attaché, vous est-il supportable ? Mieux vaut le vérifier sur un vrai chantier avant de s’engager dans une formation.
  • La météo. Quand la pluie, le gel ou le vent rendent le travail dangereux, le chantier s’arrête, et les heures perdues ne sont indemnisées qu’en partie par le régime du chômage intempéries : à partir de la deuxième, dans la limite des trois quarts du salaire (Code du travail, art. D5424-12 et D5424-13).
  • Le corps. Positions inconfortables, souvent à genoux, endurance : le métier est physique, et il se pratique en équipe, où chacun répond de la sécurité de l’espace commun.

Le métier s’exerce au masculin comme au féminin : l’ONISEP le nomme « couvreur / couvreuse ».

Trois parcours selon votre profil

Comment devenir couvreur ?

Par l’une de trois portes, selon votre âge et votre expérience : le CAP couvreur après la 3ᵉ, en lycée ou en apprentissage ; une formation d’adulte, comme le titre professionnel couvreur-zingueur ou le CAP en formation continue ; ou la VAE, si vous avez déjà exercé le métier sans diplôme.

Vous sortez de 3ᵉ, ou vous avez moins de 30 ans

Le CAP couvreur se prépare en deux ans, en lycée professionnel ou en apprentissage. Le contrat d’apprentissage est ouvert de 16 à 29 ans révolus, dès 15 ans après la 3ᵉ. Dans le bâtiment, l’apprenti touche au moins 40 % du SMIC la première année avant 18 ans, soit 746,81 € brut par mois. Six mois après le CAP, 30 % des apprentis sont en emploi salarié, contre 19 % des élèves de la voie scolaire (ONISEP, InserJeunes 2024).

Vous avez 30 ans ou plus et vous changez de métier

Le titre professionnel couvreur-zingueur, délivré par le ministère du Travail (niveau 3, fiche RNCP 36101), et le CAP couvreur sont tous deux ouverts à la formation continue. Au-delà de 29 ans, l’apprentissage reste possible dans des cas particuliers, notamment un projet de création ou de reprise d’entreprise ou une reconnaissance de travailleur handicapé.

Vous travaillez déjà sur des toits, sans diplôme

La validation des acquis de l’expérience permet d’obtenir le CAP ou le titre professionnel. Depuis la réforme du dispositif, il n’est plus nécessaire de justifier d’au moins un an d’expérience en rapport avec la certification visée (service-public.gouv.fr). Un CAP obtenu ainsi vaut classement au coefficient 185 de la convention collective.

Quel que soit le point de départ, le premier diplôme n’est pas forcément le dernier. Après le CAP, le certificat de spécialisation zingueur (un an) ou le brevet professionnel couvreur (deux ans) sont les suites que cite l’ONISEP. Le BP pèse dans les chiffres d’insertion : six mois après un BP préparé en apprentissage, 72 % des sortants sont en emploi salarié.

L’emploi : ce que mesure France Travail

Trouve-t-on facilement un emploi de couvreur ?

Les employeurs cherchent, mais moins qu’avant. France Travail recense 9 070 projets de recrutement de couvreurs pour 2026, dont 79,6 % jugés difficiles par les employeurs ; ils étaient 11 320 en 2025 et 13 870 en 2024. Les projets sont dispersés sur tout le territoire, et l’ONISEP indique que 80 % des couvreurs travaillent dans des entreprises artisanales.

Le premier fait n’est pas le plus encourageant : le nombre de projets de recrutement a baissé d’environ 35 % en deux ans. L’enquête Besoins en main-d’œuvre recense des intentions déclarées par les employeurs, pas des embauches, et elle n’explique pas cette baisse. Le second fait compense en partie : la part des projets jugés difficiles reste très haute — 85,3 % en 2024, 82,4 % en 2025, 79,6 % en 2026. Un candidat formé reste une denrée rare. Enfin, le métier recrute peu en saisonnier : 4,4 % des projets en 2026.

Bassin d’emploiProjets 2026Jugés difficilesSaisonniers
Bordeaux18055,6 %11,1 %
Porte Sud du Grand Paris (partiel)14042,9 %0,0 %
Angers11090,9 %0,0 %
Roissy – Le Bourget (partiel)11018,2 %18,2 %

Source : France Travail, enquête BMO 2026, métier « Couvreurs », France entière, projets de recrutement par bassin d’emploi, relevé le 26 septembre 2026. Les quatre premiers bassins par nombre de projets ; résultats arrondis à la dizaine par France Travail.

Ce classement dit surtout une chose : aucun bassin ne concentre l’emploi. Le premier, Bordeaux, pèse moins de 2 % des projets nationaux ; derrière ces quatre bassins, sept autres — Toulouse, Paris (bassin T1), Saint-Malo, Brest, Clermont-Ferrand, Vannes et Annecy — en comptent chacun une centaine. Ces chiffres portent sur de petits effectifs arrondis à la dizaine : lisez-les comme des ordres de grandeur d’une année, pas comme un palmarès.

Pour chercher, retenez l’intitulé administratif du métier :

Code ROME F1610
« Pose et restauration de couvertures » : l’intitulé sous lequel France Compétences range le CAP couvreur, et celui qui permet de chercher les offres de couvreur sur France Travail.

Les employeurs sont surtout des entreprises artisanales de couverture, de charpente ou de plomberie ; les entreprises de restauration et de monuments historiques recherchent les techniques traditionnelles, les grandes entreprises du bâtiment des techniques plus récentes, selon l’ONISEP.

Débuter sans diplôme

Peut-on être embauché comme couvreur sans diplôme ?

Oui, au niveau I de la convention collective des ouvriers du bâtiment, prévu pour l’accueil des ouvriers sans formation. Mais en 2026, le minimum de ce niveau est inférieur au SMIC en Île-de-France comme en Auvergne-Rhône-Alpes : c’est donc le SMIC, 1 867,02 € brut par mois pour 35 heures, qui s’applique.

Travaux de simple exécution. Simple adaptation aux conditions générales de travail sur chantier ou en atelier. Niveau d’accueil des ouvriers sans formation, ni spécialisation.
Définition du niveau I, position 1 — Guide d’utilisation de la classification nationale, texte attaché à la convention collective des ouvriers du bâtiment (IDCC 1597), Légifrance, consulté le 26 septembre 2026

Entrer sans diplôme n’enferme pas au bas de la grille. La convention prévoit plusieurs leviers :

  • L’expérience compte. Le niveau II, coefficient 185, est défini par un diplôme professionnel de base « ou expérience équivalente ». Un ouvrier qui exécute habituellement des tâches d’un niveau supérieur doit être reclassé.
  • L’employeur doit faire le point. Les possibilités d’évolution de carrière sont examinées au plus tard deux ans après l’entrée dans l’entreprise, puis tous les deux ans.
  • Le diplôme reste accessible. La VAE permet d’obtenir le CAP à partir de l’expérience ; un CAP préparé en entreprise et raté à l’examen garantit au moins le coefficient 170 (art. 12.43).

Le calcul, lui, est simple : en Île-de-France en 2026, passer du coefficient 150 — payé au SMIC — au coefficient 185 du CAP, c’est au moins 1 899 € brut par mois pour 35 heures. L’écart est modeste au départ, mais c’est la porte des coefficients suivants : 2 038 € au coefficient 210, 2 510 € au coefficient 270.

S’installer à son compte

Peut-on s’installer comme couvreur sans diplôme ?

Pas sans qualification. Le Code de l’artisanat réserve la construction, l’entretien et la réparation des bâtiments à une personne qualifiée — CAP, BEP ou titre équivalent dans le métier —, ou justifiant de trois années d’expérience effective, ou exerçant sous le contrôle effectif et permanent d’une telle personne.

Celui qui justifie de ces trois années d’expérience peut obtenir une attestation de qualification auprès de la chambre de métiers compétente (art. R121-4). La règle vaut quel que soit le statut choisi, micro-entreprise comprise : c’est le métier qui est réglementé, pas la forme de l’entreprise.

La seconde obligation tient à l’assurance. Toute personne dont la responsabilité décennale peut être engagée sur le fondement des articles 1792 et suivants du Code civil doit être couverte par une assurance, et pouvoir le justifier à l’ouverture de tout chantier (Code des assurances, art. L241-1). Pour un couvreur, dont l’ouvrage protège tout le bâtiment, c’est une condition d’exercice, pas une formalité.

Ce que cette page ne dit pas : combien gagne un couvreur installé à son compte. Aucune source publique que nous avons consultée ne le mesure pour ce métier, et nous ne l’estimons pas.

Questions fréquentes

Peut-on devenir couvreur à 40 ans ?

Oui. Le titre professionnel couvreur-zingueur et le CAP couvreur sont ouverts à la formation continue, et la VAE valide une expérience déjà acquise. L’apprentissage est limité à 29 ans révolus, sauf exceptions comme un projet de création ou de reprise d’entreprise.

Combien de temps faut-il pour devenir couvreur ?

Deux ans pour un CAP après la 3ᵉ, un an s’il est préparé après un autre CAP. Comptez un an de plus pour le CS zingueur, deux pour le BP. La durée d’une formation au titre professionnel dépend de l’organisme.

Faut-il un diplôme pour être couvreur ?

Pas pour être salarié : la convention collective prévoit un niveau d’accueil pour les ouvriers sans formation. Pour s’installer à son compte, oui — un CAP, un BEP ou un titre équivalent dans le métier —, ou à défaut trois années d’expérience effective.

Les couvreurs recrutent-ils vraiment ?

Oui : en 2026, 79,6 % des projets de recrutement de couvreurs sont jugés difficiles par les employeurs, selon France Travail. Mais le nombre de projets baisse : 9 070 en 2026, contre 13 870 en 2024.

Couvreur, est-ce un métier d’avenir ?

Nous ne faisons pas de pronostic. Deux faits, en revanche : les employeurs peinent toujours à recruter, même si leurs projets reculent ; et selon l’ONISEP, la couverture est concernée au premier chef par la rénovation énergétique, tandis que la pose de panneaux solaires demande des compétences nouvelles.

Où chercher une offre d’emploi de couvreur ?

Sur les offres de France Travail, en utilisant l’intitulé du métier ou son code ROME F1610, « Pose et restauration de couvertures ». Pour un apprentissage, il faut à la fois une entreprise et un centre de formation d’apprentis.

Sources

Cette page présente les parcours et les règles à la date indiquée ; elle ne remplace pas le conseil de France Travail, d’un CFA, d’un conseiller en évolution professionnelle ou de la chambre de métiers. Vérifiez les conditions à jour avant de vous engager. Dernière vérification :

Pour continuer

Cette page fait partie du dossier « Métier de couvreur ».

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