Mon toit
Étanchéité de toiture
Un toit en pente et un toit plat ne sont pas étanches de la même façon : des éléments qui se recouvrent d’un côté, un revêtement continu de l’autre.
En bref — Un toit en pente et un toit plat ne sont pas étanches de la même façon. Sur des tuiles ou des ardoises, l’eau glisse sur des éléments qui se recouvrent : l’étanchéité se joue à la pente, aux recouvrements et aux points singuliers — faîtage, noues, solins, rives. Sur un toit plat, c’est un revêtement continu qui arrête l’eau : bitume, membrane synthétique ou résine, chacun avec son cadre technique. Un traitement hydrofuge ne répare pas une couverture qui fuit. Et l’eau reste la première cause de désordres décennaux, selon l’AQC.
Deux façons d’être étanche
Qu’est-ce que l’étanchéité d’une toiture ?
Ce qui empêche l’eau de pluie d’entrer, et cela ne se fait pas pareil selon la pente. Un toit en pente est couvert d’éléments qui se recouvrent et renvoient l’eau vers la gouttière. Un toit plat ou à très faible pente reçoit un revêtement d’étanchéité continu, décrit par la série 43 des DTU ou par un Avis Technique.
Le vocabulaire du métier garde la distinction. On parle de couverture pour les tuiles, les ardoises, le zinc ou le bac acier, qui laissent l’eau ruisseler ; on parle d’étanchéité pour les revêtements qui forment une peau sans ouverture sur une toiture-terrasse. Un couvreur n’est pas forcément étancheur, et l’inverse : l’assurance de l’entreprise doit viser le bon métier.
Cette page répond à une question : comment rend-on un toit étanche, quel qu’il soit ? Pour tout savoir du toit plat, de ses couches à son entretien en copropriété, voyez la toiture-terrasse.
- Recouvrement
- Partie haute d’une ardoise ou d’une tuile plate, recouverte par l’élément du dessus, qui ne reçoit jamais l’eau directement.
Toit en tuiles ou en ardoises
Toit en tuiles ou en ardoises : où se joue l’étanchéité ?
Par la pente, les recouvrements et le traitement des points singuliers. La FFB rappelle que l’étanchéité à l’eau des tuiles de terre cuite tient au respect des pentes fixées par le NF DTU 40.21. Selon l’AQC, la plupart des infiltrations naissent aux faîtages, noues, arêtiers, solins et rives.
Une tuile n’est pas étanche seule : c’est l’assemblage qui l’est. Si la pente est trop faible pour le modèle posé, l’eau remonte sous l’élément du dessus. Les pentes minimales sont dans le NF DTU 40.21, une norme payante ; le couvreur doit pouvoir dire, sur votre toit, si la pente respecte ce que prévoit la norme pour la tuile retenue.
La fiche de l’AQC mise à jour en septembre 2026 dresse la liste des points faibles d’une couverture en petits éléments :
- les liaisons entre versants : faîtages, noues, arêtiers ;
- les liaisons avec un mur : les solins ;
- les rives et l’égout ;
- les traversées : fenêtres de toit, panneaux solaires.
Sa fiche d’entretien demande qu’une tuile fêlée ou une ardoise cassée soit remplacée sans délai, et que feuilles et mousses soient enlevées : par capillarité, elles peuvent provoquer des infiltrations.
Un écran de sous-toiture, quand il existe, forme une seconde barrière sous les tuiles. Il ne remplace pas une couverture en état.
Toit plat : quel revêtement
Quel revêtement pour l’étanchéité d’un toit plat ?
Un revêtement continu choisi selon le support et l’usage : bitume modifié, membrane synthétique (EPDM, PVC, FPO) ou système d’étanchéité liquide. Le bitume SBS non fixé mécaniquement relève des DTU de la série 43 ; les autres procédés, d’un Avis Technique, qu’il faut demander et vérifier.

Trois familles se partagent les toits plats, selon la commission des Avis Techniques.
- Les bitumes modifiés, en une ou deux couches. Les bitumes modifiés SBS posés sans fixation mécanique sont les procédés traditionnels, selon l’AQC, des DTU 43.1 (maçonnerie, novembre 2004), NF DTU 43.3 (bac acier, avril 2008), NF DTU 43.4 (bois, octobre 2008) et NF DTU 43.11 (montagne, avril 2014) ; les autres relèvent d’un Avis Technique.
- Les membranes synthétiques : EPDM, PVC-P, FPO, en une seule couche, collée, fixée ou sous protection lourde. Elles relèvent d’Avis Techniques ou de Documents Techniques d’Application.
- Les systèmes d’étanchéité liquide, des résines appliquées sur place, sous Avis Technique, pour des toitures non accessibles aux véhicules, des parkings ou des relevés.
Le choix dépend moins du matériau que du support, de la pente, de l’usage de la toiture et de la protection prévue.
La toiture-terrasse, couche par couche — les relevés, les évacuations, l’entretien annuel et qui paie en copropriété ; la membrane EPDM et la végétalisation ont aussi leur page.
Hydrofuge, résine, peinture
Un hydrofuge ou une résine rendent-ils une toiture étanche ?
Non : il limite l’absorption d’eau d’un matériau poreux, il ne répare pas une fuite. Un hydrofuge obture les pores d’un matériau pour en améliorer l’imperméabilité. Une tuile fêlée, un solin fissuré ou une noue défaillante restent des voies d’eau, traitées ou non.
Lire le détail
Le dictionnaire définit l’hydrofuge comme un produit destiné à obturer les pores des mortiers et bétons pour en améliorer l’imperméabilité. Appliqué sur une couverture, il agit sur la surface des éléments, pas sur les assemblages, où naissent la plupart des infiltrations.
Les fiches de l’AQC sur l’entretien des couvertures parlent de remplacer les éléments abîmés, de reprendre les joints et de dégager les dépôts, pas de traiter la surface pour obtenir l’étanchéité.
Même prudence pour les produits liquides vendus pour « étanchéifier » des tuiles. Les systèmes d’étanchéité liquide évalués par la commission des Avis Techniques sont décrits pour des toitures-terrasses, des parkings et des relevés. Pour un produit appliqué sur une couverture en tuiles, demandez l’Avis Technique qui décrit cet usage.
Le traitement hydrofuge : son prix, et ce qu’il fait vraiment — sur quels toits il a un sens, et ce qui est garanti.
D’où viennent les défauts
D’où viennent les défauts d’étanchéité d’une toiture ?
Presque toujours d’un point singulier, rarement du milieu du toit. Sur une couverture en pente : faîtages, noues, solins, rives et traversées, selon l’AQC. Sur un toit plat : les relevés, les évacuations bouchées et les usages que la toiture n’avait pas prévus. L’entretien manquant aggrave les deux.
- Une tuile fêlée ou une ardoise cassée — l’AQC demande qu’elle soit remplacée sans délai.
- Des mousses et des feuilles accumulées sur les tuiles — elles retiennent l’eau et la font remonter par capillarité.
- De l’eau qui reste sur un toit plat après la pluie — une évacuation bouchée met la terrasse en charge : l’eau monte et peut passer par-dessus les relevés.
Sur un toit-terrasse, l’AQC constate que la plupart des sinistres d’étanchéité ont pour origine les points singuliers, et d’abord les relevés, qui se décollent ou se déchirent.
Deux constats reviennent dans toutes ces fiches : l’entretien annuel évite une grande partie des désordres, et une toiture utilisée autrement que prévu — une terrasse inaccessible où l’on circule — s’abîme vite.
La sortie de VMC en toiture
Sortie de VMC en toiture : ce qui se pose, qui la fait
Par un chapeau de toiture prévu pour la ventilation, raccordé au conduit de rejet et rendu étanche dans la couverture. Les recommandations professionnelles pour la VMC en maison rénovée proscrivent le rejet dans les combles, et le raccordement à une tuile à douille avec lanterne ou à une chatière de 125 mm ou moins.
Une sortie de VMC est une traversée de la couverture, comme une souche ou une fenêtre de toit : un point singulier. Les recommandations professionnelles du programme « Règles de l’Art Grenelle Environnement » pour la VMC simple flux en maison individuelle rénovée, éditées par l’AQC en février 2013, fixent ce qui se pose :
- l’air extrait est rejeté à l’extérieur, là où il ne sera pas repris par les fenêtres et les entrées d’air ; jamais dans les combles, le garage ou le vide sanitaire ;
- le rejet est raccordé à un chapeau spécifique, et l’étanchéité doit être assurée ;
- les tuiles à douille avec lanterne et les chatières de 125 mm de raccordement ou moins ne doivent pas être raccordées au refoulement de la VMC ;
- le rejet se place dans le tiers supérieur de la toiture, et la sortie a le même diamètre que le conduit.
Qui la fait ? Deux métiers se croisent : celui qui pose le caisson et les conduits, et celui qui ouvre la couverture et la referme.
La fiche « interfaces » E.3 de l’AQC désigne précisément la couverture et l’étanchéité comme les lots à coordonner avec la ventilation — son détail n’est plus consultable librement. Chez vous, la question est la même : demandez qui réalise la traversée, et vérifiez que son attestation décennale vise cette activité.
Les erreurs qui font croire à une fuite. L’AQC relève, au droit des traversées comme les sorties de VMC, des désordres de l’écran de sous-toiture.
Mais l’eau peut aussi venir du conduit : dans ses retours d’expérience de 2020, l’AQC décrit des gaines souples avec des points bas où l’eau de condensation s’accumule, jusqu’à entrer parfois dans le ventilateur.
Les recommandations de 2013 réservent au comble non chauffé des conduits souples calorifugés, tendus à la pose : écrasé ou détendu, un conduit crée un risque de condensation dans ses points bas. Avant d’accuser la sortie de toit, faites regarder la gaine.
À demander au couvreur
- Quel chapeau de toiture prévoyez-vous pour la sortie de VMC ?
- Qui fait l’étanchéité autour, dans la couverture, et son attestation décennale vise-t-elle cette activité ?
- Le conduit dans les combles est-il isolé, tendu et sans point bas ?
Réparer ou refaire
Réparer ou refaire l’étanchéité : comment décider ?
Cela se décide sur un diagnostic, pas sur un devis envoyé après un coup d’œil. Une reprise ponctuelle suffit souvent quand le défaut est localisé à un point singulier. Une réfection complète d’un toit plat relève du DTU 43.5, qui date de novembre 2002 et encadre les travaux sur un ouvrage existant.
-
Noter les faits : où apparaît l’eau, après quelle pluie, quel vent. Photographier à chaque épisode. Ces relevés orientent la recherche de fuite.
-
Faire constater l’origine par un professionnel, depuis un accès sécurisé. Une infiltration visible au plafond peut venir de loin.
-
Demander un devis détaillé : la nature exacte des travaux, le décompte en quantités et en prix, la durée de validité de l’offre — ce qu’exige l’arrêté du 24 janvier 2017 pour les prestations de dépannage et d’entretien.
-
Vérifier l’assurance de l’entreprise avant de signer, puis réceptionner les travaux par écrit : c’est la réception qui fait courir les garanties.
Sur le devis, cherchez
- le procédé nommé, et son Avis Technique quand il n’est pas traditionnel ;
- la nature exacte des travaux, avec le décompte en quantités et en prix ;
- la dépose de l’ancien revêtement, l’isolation et les relevés, poste par poste ;
- l’accès au toit ;
- la durée de validité de l’offre.
Garanties à vérifier
Garanties : ce qu’il faut vérifier avant de signer
Oui, quand un défaut rend l’ouvrage impropre à sa destination, pendant dix ans après la réception — mais seulement si l’activité figure au contrat d’assurance de l’entreprise. Une infiltration par la toiture relève de la décennale ; la garantie de bon fonctionnement de deux ans, elle, ne couvre pas la toiture.
- Parfait achèvementl’année qui suit
- Bon fonctionnement, sans la toituredeux ans
- Décennaledix ans
« Seuls les travaux déclarés dans le contrat d’assurance du constructeur sont couverts », rappelle service-public.gouv.fr. Une entreprise assurée pour la couverture ne l’est pas forcément pour l’étanchéité d’un toit-terrasse : lisez la liste des activités sur l’attestation, et vérifiez que sa période de validité couvre la date d’ouverture du chantier.
Questions fréquentes
Comment rendre étanche une toiture en tuiles ?
En remettant la couverture en état plutôt qu’en la traitant : remplacer les tuiles fêlées ou cassées, reprendre les points singuliers — faîtage, noues, solins, rives —, dégager mousses et feuilles. C’est ce que recommande l’AQC. Un produit appliqué en surface ne corrige pas un défaut d’assemblage.
L’étanchéité liquide, pour quels toits ?
Les systèmes d’étanchéité liquide évalués par la commission des Avis Techniques sont décrits pour des toitures-terrasses non accessibles aux véhicules, des toitures-parkings et des relevés. Chaque procédé a son Avis Technique, qui dit sur quel support et pour quel usage il est admis.
Comment traiter l’étanchéité d’une toiture contre un mur ?
Par un solin, le raccord entre la couverture et le mur qui la dépasse, en mortier ou en bande métallique. L’AQC range les solins parmi les points singuliers où naissent la plupart des infiltrations des couvertures en tuiles ; leurs joints se contrôlent à l’entretien.
Qui paie la réparation d’une étanchéité récente qui fuit ?
Si les travaux ont moins de dix ans et que la fuite rend l’ouvrage impropre à sa destination, l’entreprise qui les a réalisés, au titre de la garantie décennale. Rassemblez la facture, le procès-verbal de réception et l’attestation d’assurance, puis écrivez-lui en recommandé.
Quel prix pour refaire l’étanchéité d’un toit ?
Aucune source publique ne permet d’établir un prix au mètre carré fiable pour ces travaux. Le coût dépend du support, de la dépose de l’ancien revêtement, de l’isolation, des relevés et de l’accès. Comparez des devis qui détaillent ces postes et qui nomment le procédé proposé.
Pour continuer
Sur le même sujet
- Toiture-terrasse : entretenir l’étanchéité, puis la refaireUne toiture-terrasse fuit surtout aux relevés et aux évacuations : ses couches, l’entretien annuel, qui paie en copropriété, que vérifier pour la refaire.
- Toiture EPDM : la membrane du toit plat, et ses limitesL’EPDM est un caoutchouc synthétique posé en une feuille sur un toit plat, sous Avis Technique ou DTA : usages, pose, limites, et quoi vérifier.
- Que vérifier avant une toiture végétale ?Le poids à saturation et l’étanchéité anti-racines se vérifient avant de végétaliser. Extensive ou intensive, l’entretien, la loi des grands bâtiments.
Aller plus loin
- Fuite de toiture : ce qu’il faut faire en premierFuite de toiture : vérifier que c’est bien le toit, trouver l’origine, faire mettre hors d’eau, connaître les prix et vos droits face au dépannage.
- Peinture de toiture : ce qu’elle change selon le matériauCe qu’une peinture de toiture change sur la tuile, les fibres-ciment ou la tôle, ce qu’elle ne répare pas. Puis l’amiante, l’autorisation et le prix.
- Matériaux de couverture de toiture : comparatif et prixMatériaux de couverture de toiture comparés : la pente, la charpente et le PLU écartent des options avant le prix. Tuile, ardoise, zinc ou bac acier ?
Trouver un couvreur
Pour chaque département : les établissements qualifiés RGE recensés par l’ADEME, avec la date du relevé, et ce qu’il faut vérifier avant de signer un devis.
Trouver un couvreur par départementSources
- AQC — « Désordres décennaux AQC 2026 : le Flop 10 », publié le
- AQC — « Infiltrations par points singuliers de couvertures en tuiles », mise à jour septembre 2026 · « Les couvertures », fiche entretien, janvier 2024
- AQC — « Toitures-terrasses, le point faible : les relevés », mise à jour septembre 2026 · « Les toitures-terrasses (hors végétalisation) », janvier 2024
- Commission chargée de formuler des Avis Techniques — Groupe spécialisé 5.2, familles de procédés d’étanchéité, consultée le
- CSTB — liste des DTU en vigueur au 2 février 2026 (DTU 43.1 : novembre 2004 ; NF DTU 43.3 : avril 2008 ; NF DTU 43.4 : octobre 2008 ; NF DTU 43.11 : avril 2014 ; DTU 43.5 : novembre 2002)
- NF DTU 40.21, DTU série 43 — contenu des normes (édition AFNOR/CSTB payante, non consultable librement en ligne)
- FFB — « Tuiles de terre cuite : des règles professionnelles pour la mise en œuvre à faible pente »,
- Arrêté du 24 janvier 2017 relatif à la publicité des prix des prestations de dépannage, de réparation et d’entretien dans le secteur du bâtiment, annexe 1, en vigueur au
- Code de la consommation, art. L221-18 (version du ) · art. L221-10 (version du )
- service-public.gouv.fr — garanties après la réception des travaux (F2958, vérifiée le ) · garantie décennale (F2034, vérifiée le )
- Sortie de VMC — Recommandations professionnelles « Règles de l’Art Grenelle Environnement 2012 », « VMC simple flux en habitat individuel », rénovation, AQC éditeur, février 2013 (p. 41-42 : conduits ; p. 47 : sortie de toiture), copie en ligne lue le · AQC, « La ventilation simple flux en rénovation — 12 enseignements », 2020 (enseignement 7), lu le · AQC, fiche interfaces E.3 « VMC simple flux », mai 2014, lue le ; ressource devenue payante, relevé du : seuls l’avertissement sur les points bas des gaines et la liste des lots à coordonner (couverture, étanchéité) sont publics · AQC, fiche C.05 « Écran de sous-toiture : désordres possibles par infiltration », édition 2026, lue le
- Vocabulaire — Larousse (recouvrement) · (hydrofuge)