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Volige de toiture : la planche sous le zinc et l’ardoise
Rédaction Juste Toiture, relu source par source9 min de lecture10 sources en bas de pageNotre méthode
En bref — La volige est une planche mince, en bois, clouée sur les chevrons. Posées côte à côte, les voliges forment le voligeage : un plancher continu sous la couverture. Il porte les feuilles de zinc, souvent les ardoises, et les noues métalliques d’un toit d’ardoises. Le liteau, lui, est une latte espacée. Une volige se change quand elle a pris l’eau, quand un insecte ou un champignon l’attaque, ou quand on refait la couverture qu’elle porte : on ne l’atteint qu’en déposant ce qui est dessus. Elle s’inspecte depuis les combles, jamais en montant sur le toit.
Qu’est-ce qu’une volige de toiture ?
Une planche mince, en bois, fixée sur les chevrons pour porter la couverture. Le Trésor de la langue française la définit comme une mince latte de bois blanc sur laquelle sont fixées les ardoises ou les tuiles d’un toit. Posées jointives, les voliges forment un support continu : le voligeage.
Dans une charpente, les pièces vont du plus gros au plus fin : les pannes portent les chevrons, posés dans le sens de la pente, et les chevrons portent ce qui reçoit la couverture. Ce dernier étage prend deux formes.
Des liteaux, lattes de faible section clouées à intervalles réguliers, qui servent de support aux tuiles. Ou des voliges, planches plus larges, posées les unes contre les autres : la couverture repose alors sur un plancher, et non sur des lattes espacées.
La différence compte pour ce qui ne tient pas seul entre deux appuis. Sur des liteaux, écrit un calepin de chantier des couvreurs à propos des noues, chaque intervalle est un risque d’affaissement du métal ; sur un plancher, le métal est porté partout.
- Volige
- Planche mince, en bois, clouée sur les chevrons pour recevoir la couverture.
- Voligeage
- Ensemble des voliges posées côte à côte : un support continu sous la couverture.
- Liteau
- Pièce de bois de faible section, clouée à intervalles sur les chevrons, qui sert de support aux tuiles.
Sous quelles couvertures trouve-t-on des voliges ?
Sous le zinc, sous une partie des toits d’ardoises, et sous les noues métalliques d’un toit d’ardoises. Chaque couverture a sa norme de mise en œuvre, un DTU, qui dit quel support elle demande. Le liteau, lui, sert de support aux tuiles, selon le dictionnaire.
La règle ne vient pas d’une loi, mais des normes du métier, les DTU. Elles sont payantes : nous n’en reproduisons aucune valeur. Ce que disent les sources publiques, couverture par couverture :
| Couverture | Norme de mise en œuvre | Support |
|---|---|---|
| Zinc | DTU 40.41, couvertures en feuilles et longues feuilles de zinc | Voligeage. La fiche d’inventaire du ministère de la Culture décrit la volige de sapin, clouée aux chevrons, sur laquelle sont posées les feuilles |
| Ardoise naturelle | NF DTU 40.11, couverture en ardoises naturelles, version de novembre 2020 | Liteaux, ou voliges et lambris épais : le calepin de chantier des professionnels montre les deux |
| Noue métallique d’un toit d’ardoises | Même norme | Voligeage : sur des liteaux, écrit le même calepin, chaque intervalle est un risque d’affaissement du métal |
| Shingle | DTU 40.14, couverture en bardeaux bitumés, mai 1993 | Nous n’avons trouvé aucune source publique qui décrive le support : faites-le écrire au devis |
La tradition parisienne du zinc montre le rôle de la volige. La fiche d’inventaire du ministère de la Culture, qui décrit ce savoir-faire, précise que la pose de la volige n’incombe ni au charpentier ni au menuisier, mais au couvreur. Sur ce plancher, il cloue des tasseaux de bois dans le sens de la pente, puis il pose et relie les feuilles de zinc. Sans voligeage, ni tasseau ni feuille n’auraient d’appui.
La question à poser au couvreur
« Sur quel support la couverture que vous proposez doit-elle être posée selon son DTU, et le support actuel convient-il ? »
Volige et écran de sous-toiture : l’un remplace-t-il l’autre ?
L’Agence Qualité Construction range les voliges parmi les écrans de sous-toiture rigides. Les écrans souples forment une autre famille, posée selon le NF DTU 40.29. Garder l’un, ajouter l’autre : ce n’est pas une décision à prendre seul, cela dépend de la couverture, de l’isolation et de la ventilation.
La question revient souvent dans les forums : un écran souple posé sur des voliges est-il utile, ou risque-t-il de piéger l’eau ? La fiche de l’AQC sur les écrans de sous-toiture, édition 2026, pose le cadre. Elle distingue deux familles d’écrans :
- les écrans rigides, en général en bois — panneaux ou voliges —, en fibres-ciment, en plaques de PVC ou en panneaux sandwichs ;
- les écrans souples, la famille la plus répandue, en matériau bitumineux ou synthétique, dont la pose relève du NF DTU 40.29.
La même fiche décrit les désordres d’un écran mal posé, en particulier au droit des traversées : souches de cheminée, sorties de VMC, fenêtres de toit. Ajouter une couche sous une couverture change donc aussi la façon dont l’air et l’humidité circulent. Sous le zinc, l’AQC montre une couverture corrodée faute de lame d’air continue en sous-face : la page sur le zinc détaille ce point.
La fiche du ministère de la Culture signale un dernier détail : dans la couverture en zinc qu’elle décrit, l’isolant se pose entre la charpente et le voligeage. C’est ce qui rend l’emplacement de la lame d’air décisif.
La question à poser au couvreur
« Par où l’air entrera-t-il sous les voliges, par où sortira-t-il, et l’isolant laissera-t-il ce passage ouvert ? »
L’écran sous toiture est-il obligatoire, et à quel prix ? — les écrans souples, l’autre famille d’écrans, et les cas où ils sont exigés.
Quand faut-il changer des voliges ?
Quand elles ont pris l’eau, quand un insecte ou un champignon les attaque, ou quand on refait la couverture qu’elles portent. Les premiers signes se voient depuis les combles : bois noirci, taches, bois qui s’effrite. Le diagnostic, lui, se fait depuis un accès sécurisé.
Une volige est cachée : dessus, la couverture ; dessous, souvent un isolant. L’AQC, dans sa fiche d’entretien des couvertures, demande d’observer une couverture en surface et en sous-face. La visite des combles, quand ils sont accessibles, révèle les infiltrations, même mineures. Sa fréquence : au moins une fois par an.
Trois situations mènent à changer des voliges :
- Une infiltration. Une tuile cassée, une noue ou un solin qui fuit mouillent le bois, parfois sans trace au plafond : c’est pourquoi l’AQC demande la visite des combles.
- Une attaque du bois. Insectes, termites ou mérule : leurs traces, et les déclarations que la loi impose, sont détaillées sur la page consacrée à la charpente.
- La réfection de la couverture. La fiche du ministère de la Culture décrit le chantier de zinc : après la dépose des feuilles, le couvreur arrache l’ancienne volige, puis examine les chevrons. S’il décèle une anomalie, un charpentier est appelé.
On n’atteint une volige que par-dessus. Remplacer quelques planches suppose de déposer la couverture sur la zone à reprendre, puis de la reposer ou de la refaire. C’est un chantier de couverture, pas un petit dépannage.
La toiture en zinc — une couverture que son DTU pose sur voligeage.
Que doit dire un devis de voligeage ?
La surface à remplacer, le prix au mètre carré et ce qui se passe si la dépose en révèle davantage. Pour une réparation de couverture, l’arrêté du 24 janvier 2017 impose un devis détaillé avant exécution, avec la quantité prévue et le prix unitaire de chaque prestation.
L’arrêté du 24 janvier 2017 vise nommément la couverture et la toiture parmi les prestations de dépannage, de réparation et d’entretien. Avant l’exécution, le devis détaillé indique la nature exacte des réparations, le décompte de chaque prestation et produit en quantité et en prix — prix unitaire, unité, par exemple le mètre carré, et quantité prévue —, la somme globale hors taxes et toutes taxes comprises, et la durée de validité de l’offre.
Pour des voliges, ces lignes se traduisent ainsi :
- La surface de voligeage à remplacer, en mètres carrés, et le prix unitaire qui s’appliquera au surplus si la dépose révèle d’autres planches abîmées.
- Le bois : essence, traitement, et la référence au DTU de la couverture pour le support.
- La dépose et la repose de la couverture sur la zone, avec le sort des éléments déposés : réemploi ou remplacement.
- La ventilation de la sous-face : entrées et sorties d’air conservées ou créées.
- L’état des chevrons constaté après dépose, avec photos, et ce qui est prévu s’ils sont à reprendre.
Pourquoi cette page ne donne pas de prix
Nous avons cherché le 30 septembre 2026 des prix publics de voligeage : les pages trouvées étaient belges, ou publiées par un fabricant. Faute de deux sources françaises indépendantes et datées, nous ne publions pas de fourchette. Ce qui fait varier le devis est connu : la surface, l’accès, la dépose et la repose de la couverture, le bois retenu, l’état des chevrons découvert sous les voliges. Demandez que chacun de ces postes apparaisse sur une ligne.
Avant de signer, lisez l’attestation d’assurance décennale : seuls les travaux déclarés dans le contrat d’assurance du constructeur sont couverts, rappelle service-public.gouv.fr. Elle doit viser la couverture, et la charpente si des chevrons sont repris.
Questions fréquentes
Volige ou liteau : quelle différence ?
Les deux se clouent sur les chevrons. Le liteau est une latte de faible section, posée à intervalles : il porte des tuiles, qui s’y accrochent. La volige est une planche plus large, posée contre sa voisine : ensemble, les voliges forment un plancher continu, qui porte une couverture qui ne tient pas seule entre deux appuis, comme le zinc.
Une volige est-elle obligatoire ?
Aucune règle ne l’impose à tous les toits : le support dépend de la couverture et de sa norme de mise en œuvre. Le zinc se pose sur un voligeage ; l’ardoise, sur des liteaux ou des voliges ; le liteau, lui, sert de support aux tuiles. Si vous changez de couverture, demandez si le support existant convient à la nouvelle.
Qui pose les voliges, le charpentier ou le couvreur ?
En général le couvreur : la fiche d’inventaire du ministère de la Culture sur la couverture en zinc précise que la pose de la volige n’incombe ni au charpentier, ni au menuisier, mais au couvreur. Si les chevrons dessous sont abîmés, leur reprise relève du charpentier.
Des voliges noircies dans les combles : que faire ?
Photographiez-les, notez après quelles pluies elles s’assombrissent, et regardez si le bois est sec ou humide au toucher, sans le percer. Puis faites chercher l’origine de l’eau par un couvreur, depuis un accès sécurisé. Un bois qui s’effrite ou qui porte des trous relève aussi d’un diagnostic de la charpente.
Sources
- Trésor de la langue française informatisé (CNRTL, ATILF) — « volige », lu le · « liteau », lu le
- Ministère de la Culture — fiche d’inventaire du patrimoine culturel immatériel « Les savoir-faire du couvreur zingueur parisien », mars 2017 (dépose de la volige, voligeage, isolant, tasseaux), lue le
- Calepins de chantier « Couvertures en ardoises », éditeur CSTB, « date d’achèvement du tirage : janvier 2014 », dépôt légal au 1ᵉʳ trimestre 2014, établis sur la NF DTU 40.11 de l’époque, diffusés par la CAPEB de l’Hérault, lus le , pagination recoupée le (p. 11 : supports, « voliges et lambris épais » ; p. 27 : noue métallique ouverte) [la seule trace de 2015 est la date de modification du fichier PDF, pas une date déclarée par le document]
- Agence Qualité Construction — fiche pathologie C.05 « Écran de sous-toiture : désordres possibles par infiltration », édition 2026, lue le
- Agence Qualité Construction — fiche entretien « Les couvertures », janvier 2024, lue le · photographie « Corrosion d’une couverture zinc à joint debout »
- CSTB — liste des DTU en vigueur au 2 février 2026 (DTU 40.41 ; NF DTU 40.11, novembre 2020 ; DTU 40.14, mai 1993 ; NF DTU 40.29), lue le
- NF DTU et DTU de la série 40 — contenu des normes (édition AFNOR/CSTB payante, non consultable librement en ligne ; aucune valeur n’en est reproduite ici)
- Arrêté du 24 janvier 2017 relatif à la publicité des prix des prestations de dépannage, de réparation et d’entretien dans le secteur du bâtiment, art. 4 et annexe 1, en vigueur au (Légifrance)
- service-public.gouv.fr — garantie décennale (F2034, vérifiée le ), lue le
- INRS — chutes de hauteur, lu le
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